27.3.26

Les deux voyages de Napoléon III en Algérie (1860 et 1865)..


Auteur(s) : PILLORGET René

Au cours de l'été 1860, les journaux parisiens se trouvaient chargés d'une exceptionnelle moisson de nouvelles. La Savoie et le comté de Nice devenaient français. Garibaldi, promu dictateur de la Sicile, se préparait à continuer, tambour battant, l'oeuvre d'unification de l'Italie. Le Proche-Orient connaissait des troubles graves. La France y envoyait des troupes, tandis que son ancien ennemi, Abd-el-Kader, faisait de son mieux, à Damas, pour sauver les Chrétiens du massacre. Enfin, le 23 août, les journaux annonçaient que l'Empereur, l'Impératrice et le Prince Impérial – alors âgé de quatre ans – avaient quitté Paris pour visiter non seulement les nouveaux territoires français de la Savoie et de Nice, mais aussi l'Algérie. Pour la première fois dans l'histoire de la France, un souverain, un chef de l'Etat, allait se rendre dans l'un de ses territoires d'Outre-mer.

Effectivement, Napoléon III, l'impératrice Eugénie, le Prince Impérial et leur suite, partis de Saint-Cloud, gagnent par le chemin de fer Lyon, Chambéry, Annecy. Ils poussent jusqu'à Chamonix pour voir la mer de Glace. De là, ils se rendent à Grenoble, puis à Marseille, où l'Empereur inaugure la nouvelle Bourse, sur la Canebière; puis, à Nice. Partout, ce sont des revues, des bals, des réceptions, et beaucoup d'allégresse populaire. Enfin, le couple impérial et sa suite s'embarquent à Toulon sur le yacht L'Aigle, qui quitte la rade accompagné de plusieurs frégates et d'un navire spécialement affecté au transport de plusieurs voitures de la Cour.

Alger est alors une ville de quelque 40 à 50.000 habitants dont le caractère cosmopolite frappe beaucoup les journalistes. Des Européens de plusieurs nationalités y voisinent avec les Israëlites et les Musulmans. Elle est le siège des autorités centrales de l'Algérie. A côté de la ville musulmane, une ville européenne se trouve en cours d'édification. Elle comporte une préfecture, une cathédrale, un théâtre, un lycée, une Ecole de médecine et de pharmacie, et même une usine à gaz (1).

Depuis plusieurs semaines, on y fait de fiévreux préparatifs. Et le 17 septembre au matin, un lundi, toute la ville se trouve réveillée par des musiques militaires, notamment par les tambours de la Milice – l'équivalent algérois de la Garde Nationale – et les troupes sont peu à peu déployées: turcos, zouaves, spahis, chasseurs de France.
Il est prévu que la visite de la Famille impériale à Alger sera prolongée par un voyage à travers la Mitidja, jusqu'à Blida. Or, un événement fortuit va écourter ce séjour. Le premier contact de Napoléon III avec l'Algérie ne durera que trois jours – les 17, 18 et 19 septembre. Ou, plus précisément, la visite de l'Empereur comportera trois actes: une visite d'Alger, d'une durée d'une journée et demie; une inauguration; une fantasia et une revue des troupes. Enfin, elle aura une conclusion: un discours comportant – comme disent les journalistes de nos jours – quelques « petites phrases » fort importantes.

On ne saurait attribuer aux gravures des périodiques du temps une précision sans défaut. Cependant, leur intérêt documentaire apparaît évident. C'est un journaliste spécialisé qui, sur place, exécute des croquis. Il les envoie à sa rédaction. Celle-ci en opère une sélection, et la remet à un dessinateur professionnel, qui peut être un artiste de talent, comme Godefroy Durand. L'oeuvre de celui-ci est remise à un graveur sur bois, et ensuite livrée à l'impression (2). Ainsi, les illustrations du Monde Illustré – et ce n'est là qu'un exemple – donnent une idée certainement assez exacte des lieux et surtout de l'atmosphère dans laquelle se déroula le voyage du couple impérial.

Le port dans lequel celui-ci débarque ce 17 septembre 1860 est bien loin d'avoir l'ampleur qu'il acquerra après l'ouverture du canal de Suez. La jetée de Keir-ed-Dîn, longue de deux cents mètres, qui relie la terre ferme au Peñon, n'isole qu'un bassin de quelque trois hectares. D'autre part, la liaison entre le port et la ville est mal assurée, et c'est non pas sur un quai, mais sur une grève, que le couple impérial touche le sol algérois. Il y est reçu par les autorités, dont le préfet, M. Levert et le maire, M. Sarlande. Puis, l'Empereur et l'Impératrice montent en voiture, et, sans doute après avoir emprunté une montée en pente douce située plus au Sud, ils abordent la ville par la place Bresson, où se dresse le théâtre. Ils y rencontrent des notables indigènes: des caïds, des aghas, une délégation kabyle – fait significatif: la Kabylie, depuis 1857, est, en principe, pacifiée.

Ensuite, la voiture emprunte la rue Bab-Azoun – c'est alors le centre d'Alger – parvient à la place du Gouvernement, et, après avoir tourné à gauche, à la cathédrale, décorée d'une grande bannière portant l'inscription Dieu protège l'Empereur (3). Le couple impérial y est reçu par Mgr Pavy. Puis, il se rend au palais d'Hiver, bâtiment contigu, où lui sont présentées, notamment, des dames et des jeunes filles mauresques et juives, dans leurs plus beaux atours. Un cadeau est remis à l'Impératrice, un éventail portant l'inscription: « Les dames israëlites à l'impératrice Eugénie, 1830-1860 ». Le palais accueille également un hôte de marque, le bey de Tunis, Son Altesse Sadok. Au cours du dîner, il porte un toast, disant sa fierté d'être le premier souverain musulman reçu par l'Empereur des Français, et celui-ci, dans sa réponse, l'appelle son « grand et bon allié ». Le lendemain, c'est la poursuite de la visite de la ville, avec une promenade à pied dans la Casbah – sujet d'une bonne gravure de Gustave Janet – et ensuite une autre, en attelage à la Daumont, ce qui n'empêche nullement la population musulmane d'approcher l'Empereur.

L'après-midi du 18 septembre commence le second acte de la visite impériale: l'inauguration du boulevard de l'Impératrice. Le projet est grandiose. Il ne s'agit pas seulement de tracer une belle avenue, longue de quelque deux kilomètres (4) mais aussi d'aménager des quais sur le port, et d'édifier, entre ceux-ci et le boulevard, toute une série de magasins. Alger sera ainsi doté « d'un dock immense et d'une superbe promenade; d'une large terrasse supportée par une haie de hautes arcades, dont chacune sera un magasin. Et une double rampe assurera la liaison entre le port et la ville ». L'inauguration sera commémorée par une médaille, et l'on peut voir avec quelque étonnement, sur une gravure du temps, une locomotive exposée non loin de la mosquée de la Pêcherie. Elle rappelle au public qu'en 1858 il a été décidé que l'Algérie aurait ses chemins de fer.

Belle journée qu'attriste la nouvelle, parvenue par télégramme, de la très grave maladie de la soeur de l'Impératrice, la duchesse d'Albe. L'annulation du voyage à Blida est aussitôt décidée: on repartira pour la métropole le 19 au soir.

Le lendemain se déroule le troisième acte du voyage, sa partie militaire, en deux temps. C'est tout d'abord, au Sud d'Alger, à Maison-Carrée – l'espace n'y manque pas – une fantasia organisée par le général Yusuf, au cours de laquelle six mille hommes et des escadrons de spahis simulent l'attaque d'une caravane. Le talent d'Edmond Morin a conservé le souvenir de la charge de ces brillants cavaliers, jonglant avec leurs armes et les déchargeant en passant devant l'Empereur. « Ce n'est pas un peuple, c'est une armée », déclare celui-ci. Second aspect de la partie militaire du voyage: la revue des troupes – goums aussi bien qu'unités plus classiques – passée sur le champ de Manoeuvres, c'est-à-dire au Sud d'Alger, mais nettement au Nord de Maison-Carrée – par l'Empereur et par le bey de Tunis.
En fin d'après-midi, le dîner est servi dans la cour du Lycée, alors situé rue Bab-Azoun, dans une ancienne caserne de janissaires, dite M'ta Lebendja. Napoléon III y prononce un discours, qui comporte plusieurs prises de position importantes.
« Notre premier devoir est de nous occuper du bonheur de trois millions d'Arabes que le sort des armes a fait passer sous notre domination.

« La mission de la France consiste à élever les Arabes à la dignité d'hommes libres.
« Notre colonie d'Afrique n'est pas une colonie ordinaire, mais un royaume arabe ».
Terme qui n'est pas une nouveauté. Il apparaît dans une brochure parue en 1834, et il était familier au duc d'Aumale. Mais son emploi n'en aura pas moins un très grand retentissement. Il est neuf heures, et le cortège se rend directement de la rue Bad-Azoun au port, tandis qu'un feu d'artifice est tiré des hauteurs de la Casbah.
Ce voyage pose évidemment, à l'historien, deux questions connexes: pourquoi eut-il lieu? eut-il des conséquences ?

Pour pouvoir répondre à la première d'entre elles, il convient tout d'abord de se souvenir que Napoléon III s'intéresse à l'Algérie depuis longtemps. Il est bien connu qu'il a fait libérer Abd-el-Kader de sa captivité, et que la reconnaissance de celui-ci s'est manifestée, à Damas, avec éclat. Il est bien moins connu que Napoléon III, dès 1852, songea à prendre le titre de roi d'Algérie en même temps que celui d'Empereur des Français, ce qui eût évoqué le double titre de Napoléon Ier.
 
Concernant le pays, il se tient informé, non seulement par les rapports des Hauts fonctionnaires, mais aussi par des voies parallèles, par des conseillers privés: le baron David, député; le colonel Lapasset; le docteur Vital, de Constantine; le général Fleury et certains officiers des bureaux arabes; enfin, un très curieux et très intéressant personnage, Thomas-Ismaïl Urbain, métis de la Guyane, converti à l'Islam, et époux d'une Musulmane (5). Or, toutes les lettres, tous les rapports, toutes les informations qui parviennent au bureau de l'Empereur lui montrent que l'Algérie est un pays où se posent au moins deux graves problèmes.

Tout d'abord celui de la coexistence ou de la cohabitation sur une même terre de certains Musulmans et de certains immigrants européens. Dès le règne de Louis-Philippe, l'immigration européenne en Algérie a été encouragée. En 1846, on y dénombrait 100 000 civils européens, dont une moitié de Français, l'autre se composant, pour l'essentiel, d'Espagnols et d'Italiens. Ces Européens sont peut-être 150 000 en 1860; ils ne seront guère que 200 000 en 1870. Dans leur grande majorité, ce ne sont pas du tout des candidats à l'agriculture. Ils ont immigré surtout dans les villes – à Alger, à Oran, à Bône, à Philippeville, à Mostaganem, principalement – et ils y sont artisans, commerçants, pêcheurs, employés, fonctionnaires, etc… Ceux qui demandent une concession de terres ne constituent qu'une minorité. Et au sein de celle-ci, il convient de discerner deux catégories: d'une part, les vrais colons; d'autre part, les spéculateurs.

Les colons, les vrais, consacrent leur vie à l'agriculture, au défrichement, à l'assainissement des terres. Dans la Mitidja, autour de Boufarik et de Blida, ils réalisent une oeuvre admirable. Entre 1830 et 1860, un réseau de canaux de 200 kilomètres y a été ouvert, assainissant 11 000 hectares, et il n'y reste plus que 6 000 hectares de marais permanents. Dans la plaine du Chélif, les marais de l'Oued Bouthan, d'Affreville-Lavarande, ont été drainés de 1846 à 1858 (6). D'autres travaux d'une éclatante utilité ont été courageusement menés non loin d'Oran, dans la plaine de la Senia, ainsi que sur d'autres points du territoire, malheureusement dispersés. Toutefois, le champ d'activité de ces colons qui exécutent loyalement les obligations du cahier des charges ne représente que 1/7e de toutes les terres attribuées à des Européens au titre de la colonisation.

Qu'en est-il des 6/7e? ils ont été attribués à une autre catégorie d'Européens: les spéculateurs. On leur a d'abord distribué, comme à d'autres, des terres du Beylick, c'est-à-dire qui appartenaient en 1830 à l'État turc, et dont la propriété était passée à l'État français. Ceci ne lésait personne. Mais on leur a également attribué des terres enlevées aux indigènes par l'administration, au moyen de procédures dites de « revendication des droits de l'État » – terres arch – dites encore de « cantonnement des tribus ». On avançait, dans ce cas, que les Indigènes, n'usant que de méthodes archaïques, les cultivaient ou les utilisaient mal; que certaines tribus disposaient de terres beaucoup trop vastes pour elles; qu'il était juste, et nécessaire au progrès agricole, que l'administration en prenne une partie, l'attribue à des Européens, et « cantonne » les Indigènes sur le reste… Il est bien évident que l'incertitude des droits de propriété chez les Arabes ne pouvait que faciliter de telles opérations. Point particulièrement grave: ces spéculateurs ne cultivent pas eux-mêmes les terres qui leur ont été concédées. Ils éludent les clauses du cahier des charges. Ils ne modernisent nullement l'agriculture. Ils attendent que le prix des terres ait monté, ils les revendent ou mieux encore, ils les louent à des paysans indigènes, et perçoivent des loyers.

Les militaires des Bureaux arabes, qui rédigent des rapports envoyés à Paris – le général Ducrot, le colonel Lapasset – se montrent très inquiets. Déjà, le duc d'Aumale craignait que l'Algérie ne devienne une nouvelle Irlande. Il conviendrait de ne pas être victimes d'une fausse symétrie. L'Afrique du Nord n'est pas l'Amérique du Nord, les Magrébins ne sont pas les Peaux-Rouges. On s'achemine vers une situation dangereuse. On est en train de pousser les Musulmans à la révolte.

D'autre part, l'Algérie de 1860 connaît un autre grave problème, celui qui est né d'une vive opposition de certains civils européens à certains militaires.
Les immigrants français en Algérie n'étaient pas, en général, favorables au régime impérial. Il suffit, pour s'en convaincre, de consulter les résultats des plébiscites de 1852 et de 1870. Ils se situent politiquement dans la gauche républicaine, et ils y demeureront jusqu'en plein XXe siècle. Ce qui constitue une cause supplémentaire d'opposition à l'armée. Certes, lorsque celle-ci doit réprimer une insurrection musulmane, elle le fait sans faiblesse, et même en usant de rigueur. Mais, par ailleurs, elle sait comprendre les Musulmans, et les attirer du côté français, notamment les grands chefs traditionnels. En 1860, il existe dans l'armée d'Afrique de nombreuses unités musulmanes, des sous-officiers et même quelques officiers musulmans. Et les officiers métropolitains – en particulier ceux des Bureaux arabes – se trouvent en conflit avec l'opinion européenne d'Algérie. Celle-ci a obtenu que le gouvernement général soit supprimé, que l'administration du pays soit désormais à direction civile, avec la création, en 1858, du ministère de l'Algérie et des Colonies, d'abord pour le prince Napoléon, puis pour Chasseloup-Laubat. Certes, le premier a fait oeuvre utile, notamment dans le domaine des travaux publics. Mais, de 1858 à 1860, on a continué à porter atteinte, comme au cours des années précédentes, à la propriété musulmane.

Précisément, on touche au premier résultat du voyage de septembre 1860. Les heures libres entre les réceptions et les manifestations officielles ont été mises à profit par Napoléon III pour s'informer. Et le 10 novembre, donc moins de deux mois après son retour, le ministère de l'Algérie est supprimé, le maréchal Pélissier est nommé gouverneur général, et l'administration du pays remise aux militaires. Deux lettres qu'adresse l'Empereur au nouveau gouverneur général, les 1er novembre 1861 et 9 février 1863 – lettres dont les termes sont inspirés des brochures de Thomas-Ismaïl Urbain (7), lui donnent des directives très nettes:
« Il faut donner une impulsion toute contraire à celle qui existait jusqu'à ce jour. Au lieu d'inquiéter les Arabes par le cantonnement, il vaut mieux les rassurer en leur concédant des terres. Au lieu de vendre des propriétés domaniales affermées par les Arabes, il faut les conserver. Au lieu de… repousser (les Arabes) dans le désert, il faut les attirer dans les plaines fertiles. Au lieu d'étendre le territoire civil, il faut le restreindre ».

Napoléon III, dans sa lettre de 1863, répète que l'Algérie est « un royaume arabe »… « Les Indigènes ont comme les colons un droit égal à ma protection, et je suis aussi bien l'empereur des Arabes que l'empereur des Français ».

Puis, c'est le senatus-consulte du 22 avril 1863. Article Ier: « La France reconnaît aux tribus arabes la propriété des territoires dont elles ont la jouissance permanente et traditionnelle… ». Ce senatus-consulte vise à « rendre les tribus ou fractions de tribus propriétaires incommutables des territoires qu'elles occupent à demeure fixe et dont elles ont la jouissance traditionnelle, à quelque titre que ce soit ». En somme, à assurer aux Musulmans un vaste domaine, séparé de celui de l'État, nettement défini – ce qui suppose l'accomplissement d'une grande opération de recensement et de délimitation – et à l'abri de toute contestation.

Or, Napoléon III n'est guère obéi, que ce soit par Pélissier ou par le successeur de celui-ci, Mac Mahon. Ces deux gouverneurs généraux – pensant sans doute travailler ainsi à la modernisation du pays – prennent parti non seulement pour les Européens colons, mais aussi pour les Européens spéculateurs. Ils n'appliquent que très mal, ou avec bien des réticences, les directives impériales. Résultat, au cours du printemps 1864: la révolte de la Kabylie des Babors – la partie du massif située à l'Est de la vallée de la Soummam. Il faut y envoyer 5 000 hommes; puis, l'année suivante. 10 000. Alors, Napoléon III décide de se rendre sur place, d'aller enquêter personnellement en Algérie. Comme il s'agit d'un voyage d'étude, il ira seul, laissant la régence à l'Impératrice. Et, fait qui montre l'importance qu'il attache au problème, il fera ce voyage en dépit de sérieuses difficultés de santé.
Le 29 avril 1865, il quitte Paris par le train, et arrive à Marseille le 30, accompagné du docteur Corvisart, d'Urbain, du sénateur Piétri, des généraux Fleury et de Castelnau. Le 1er mai, l'Aigle lève l'ancre, accompagné de plusieurs frégates. Il arrive dans le port d'Alger dans la nuit du 1er au 2 (8).

On a beaucoup travaillé entre 1860 et 1865. Il n'y a plus de grève pour accueillir l'Empereur à sa descente de canot, mais un quai. Le boulevard de l'Impératrice est achevé, ainsi que ces hautes arcades, dont chacune constitue l'entrée d'un magasin. Deux rampes d'accès, accessibles aux voitures, conduisent du port à la ville. En outre, Alger a une gare, la ligne Alger-Blida venant d'être ouverte au public, et les travaux de la ligne Alger-Oran sont commencés.

Peu après avoir touché le sol algérien, l'Empereur lance une proclamation aux Européens: « Traitez les Arabes, au milieu desquels vous devez vivre, comme des compatriotes ».

Le 4 mai, il visite les environs d'Alger: Chéragas, où des colons originaires de Grasse ont introduit la culture des plantes à essence; Staouëli, où les Trappistes se sont installés dès 1842 (9); puis Sidi-Ferruch, la Pointe-Pescade, Saint-Eugène. Il y visite une école « arabe-française » – on ne dit pas encore franco-musulmane – dont les élèves, curieusement, lui chantent les choeurs de la Muette de Portici…
Le 5 mai, Napoléon III prononce à Alger un discours incitant les Musulmans à ne pas suivre « les conseils du fanatisme et de l'ignorance »… Toute nouvelle insurrection serait vaine. « Vous connaissez mes intentions. J'ai irrévocablement assuré dans vos mains la propriété des terres que vous occupez… J'ai honoré vos chefs, respecté votre religion, je veux augmenter votre bien-être, vous faire participer de plus en plus à l'administration de votre pays… « . La sincérité de ce discours – qui est traduit en arabe – est évidente.

Le même jour, Napoléon III reçoit des notables musulmans au palais d'Hiver. Et, comme dans son discours précédent, il leur parle de « royaume arabe », de « peuple arabe ». Il se promène dans Alger soit à pied, allant du palais à la place du Gouvernement par la rue du Divan, soit en voiture, toujours l'objet de la curiosité et de la sympathie de la population indigène.

Le 6 mai, il se rend à Boufarik, décore des colons de la Mitidja, cette plaine désormais couverte de vignes, d'orangers, de mandariniers, de céréales et de plantes à parfums; puis, il regagne Alger en passant par Coléa. Le 7 mai, il se rend par le train jusqu'à Blida, puis en voiture jusqu'à Bourkika et Marengo – au Sud de Tipasa, au Sud-Est de Cherchell – qui sont des régions d'authentique colonisation. Le 8, il rentre à Alger, et participe à des séances de travail. Il visite la bibliothèque, le palais de Justice, le lycée, le collège « arabe-français » – prolongement de l'école de ce nom – et donne le soir une réception. Tout le voyage comporte un horaire très chargé, une alternance des prises de contact personnelles et des séances de travail.
Le 9 mai, dans une conversation privée, il déclare qu'il faut « cantonner les Européens et non les Indigènes » (10). Le 10, il repart pour Blida en chemin de fer, puis il se rend en voiture vers le Sud. Il déjeune dans les gorges de la Chiffa, à l'hôtel du Ruisseau des Singes, avec un officier musulman, Si Ali Cherif. Celui-ci se plaint que les Musulmans ne peuvent accéder aux grades de lieutenant et de capitaine. L'Empereur lui assure qu'ils auront bientôt satisfaction (11). A Médéa, il reçoit des chefs arabes anciennement dépossédés, et leur fait accorder des indemnités Le 12 mai, il est de retour à Alger. Le 13, il embarque pour Oran, où il est reçu le 14. Un arc-de-triomphe porte une inscription en espagnol: A Napoléon III, la colonia española agradecida. Viva el Imperador! viva la Emperatriz! viva el Principe imperial! et sur sa face opposée, le même texte, mais en italien. Le 15 mai, Napoléon III visite la plaine de La Senia. Il est, en particulier, reçu dans une ferme modèle. Le 16, il pousse jusqu'à Sidi-bel-Abbès, ville bâtie sur un plan géométrique. Le 17, la flotte exécute dans la rade de Mers-el-Kébir un simulacre d'attaque des forts. Puis, Napoléon III visite le barrage de Saint-Denis-du-Sig et Arzew. Toujours en voiture, il se rend à Mostoganem, ville où Lamoricière, en 1847, a créé le premier bataillon de tirailleurs algériens. Il y passe, dans son attelage à la Daumont, sous un arc-de-triomphe élevé en style arabe orné de drapeaux dont la hampe est ornée du croissant – construction éphémère qui contraste avec l'église toute neuve, qui pourrait être celle de n'importe quelle petite ville française. A Relizane – on se trouve à 133 kilomètres d'Oran – des milliers de Flattas, débordant le service d'ordre, implorent la grâce des membres de leurs familles qui ont été internés en Corse après un mouvement insurrectionnel: l'Empereur, bien sûr, la leur accorde. Le 18 mai, il est de retour à Oran; il y assisté à une séance du Conseil général; il y travaille, et rentre ensuite à Alger par mer.

Cependant, ce voyage, cet enthousiasme, cette atmosphère de fête, ne peuvent faire oublier que l'on continue à se battre en Kabylie orientale. Le Monde Illustré publie un croquis envoyé par un lieutenant du 67e de ligne, ainsi qu'une lettre rapportant un événement survenu le 18 mai. Celle-ci évoque la constitution d'une colonne, rassemblant différents corps de troupes. « Forte d'environ 700 hommes (elle) se mit en marche le 17. Le 18, elle entrait sur le territoire insurgé et brûlait sur son passage tous les villages, dont les habitants sont en fuite dans les Babors. Je vous envoie le croquis du village de Dar-el-Razi, le plus important de tous. Nous sommes campés autour (de ses ruines)… » (12). Le système des colonnes mobiles ou colonnes infernales – déjà utilisé au cours du génocide vendéen – a été mis en pratique « malgré l'ordre formel de Napoléon III, interdisant de brûler les villages et même de couper les arbres » (13).

Précisément, c'est vers la Kabylie que se rend l'Empereur; il visite le Djurdjura, Tizi-Ouzou, Fort-Napoléon – plus tard Fort-National – et rentre à Alger le 25 mai. Le 27, il se rend par mer à Philippeville. Il y arrive le lendemain, et à Saint-Antoine, commune annexe, il passe sous un arc-de-triomphe portant l'inscription suivante: « A Napoléon III, les concessionnaires de 132 000 hectares de chênes-liège… ». A Constantine, il réside dans le palais de Hadj Ahmed, devenu le palais de la Division, vaste édifice construit, au lendemain de la prise d'Alger, par le dernier bey de la ville, et terminé en 1835 – deux ans avant l'arrivée des Français (14). A Aïn M'lila, c'est une diffa; à Batna, l'Empereur est au pied des Aurès, dans une région où il n'y a pratiquement pas de terres de colonisation. Le 30 mai, il arrive à Biskra; le 2 juin, il est à Lambèse. Il y visite le praetorium de la IIIe Augusta, qui date du IIe siècle de notre ère et il manifeste le désir que soient retrouvés les tracés des voies romaines partant de la ville (15). Le 6 juin, il reçoit à Bône le prince Taïeb, frère du bey de Tunis, ainsi que des notables, dont l'évêque Mgr Hutter. Le 7, il passe une revue à Bougie, et c'est le retour. Le 9, l'Aigle aborde à Toulon, et le 10, l'Empereur et sa suite sont de retour à Paris. Ils ont parcouru, en voiture, plus de trois mille kilomètres.

Conséquence de ce second voyage: Napoléon III écrit, donne des directives générales, et aussi il agit. Le 20 juin, dans une nouvelle lettre à Mac Mahon, il répète que l'Algérie est « un royaume arabe, une colonie européenne, un camp français ». Il veut rapprocher Musulmans et Européens – ces derniers, dépositaires d'une civilisation techniquement supérieure, devant être guides et initiateurs. Certes, il existe une résistance au progrès, due à un certain nombre de facteurs socio-culturels: l'Islam… ces facteurs, l'Empereur ne veut pas qu'on les détruise – d'ailleurs, cela serait-il possible? – mais que l'on suscite chez les Musulmans une mutation lente, en multipliant et en développant les contacts. Le texte de la lettre est long; il est le fruit d'une documentation honnête (16) il entre dans le détail; et il entraîne une longue et franche réponse de Mac Mahon (17).

Par ailleurs, Napoléon III agit, et son second voyage en Algérie se trouve à l'origine d'au moins cinq faits importants.

Tout d'abord, le senatus-consulte de 1863 est appliqué: les opérations de recensement et de délimitation du patrimoine foncier des tribus sont accélérées: la plus grande partie d'entre elles sera terminée en 1872.

Il n'y a plus de concessions gratuites de terres. Des parcelles du domaine sont mises en vente, et des indigènes peuvent en acquérir. Sur 240 lots – représentant 11 500 hectares – mis en vente en 1866, la moitié est acquise par des Indigènes; ce qui donne à penser que trente-six ans de présence française n'avaient pas ruiné toute la population musulmane.

Le senatus-consulte du 14 juillet 1865 ouvre la citoyenneté française aux Musulmans – donc la possibilité d'accéder à des fonctions administratives – et leur accorde le droit de vote en échange de leur renonciation à leur statut coranique; disposition qui demeurera en vigueur jusqu'en 1946.
Le décret du 27 décembre 1866 permet aux Musulmans de participer à la gestion des communes françaises de plein exercice; et désormais les conseillers généraux indigènes ne seront plus nommés, mais élus.

Enfin, la création d'écoles « arabes-françaises » – sur le modèle de celles du département d'Alger – est décidée pour ceux d'Oran et de Constantine.
Par ailleurs Napoléon songe à donner à l'Algérie une Constitution. Il la fait préparer. Bref, il commence à faire entrer dans les faits une politique parfaitement cohérente, qui devrait conduire à la création d'un État algérien lié à la France par la communauté du souverain, par une union personnelle, comme bientôt la Grande-Bretagne et le Canada, l'Autriche et la Hongrie. Politique dont il convient de rechercher les raisons profondes moins dans le goût de Napoléon III pour le principe des nationalités que dans l'étude réaliste des données du problème. Si l'on veut conserver l'Algérie, il faut, ou bien y faire immigrer des Européens très nombreux – Mac Mahon en souhaitait 600 000 au moins… – ou bien se concilier les Musulmans.
 
Or, l'immigration en Algérie est très faible – il a fallu quarante ans pour que la population européenne y atteigne le chiffre de 200 000 personnes – parce que d'une part, la France est un pays où la natalité est en baisse, et d'autre part, parce que les Espagnols et les Italiens émigrent ailleurs – en Amérique, en Tunisie, ou tout simplement en France métropolitaine. Il apparaît donc clairement qu'il faut se concilier les Musulmans. Et comme on ne peut pas les assimiler, à cause de leur religion et de tout ce qui en découle – les éléments « socio-culturels » – il convient de se les associer. Telle est sans doute la clé de la politique dite du « royaume arabe », brisée net par la chute du Second Empire. Fait significatif: il y eut des émeutes à Alger en 1871, dirigées contre le gouvernement du pays par les militaires, émeutes qui furent le fait d'Européens et non de Musulmans.

Au cours des derniers mois de l'Empire, la gauche avait manifesté son désaccord avec la politique de Napoléon III en Algérie. Après 1871, la République ne tarda pas à en prendre le contre-pied. Ce fut tout d'abord la naturalisation collective de tous les Européens et de tous les Israëlites – lourde erreur psychologique – alors que les Musulmans se trouvaient soumis à un régime discriminatoire, le Code de l'Indigénat. Puis, la suppression des trente-six écoles « arabes-françaises » qui constituaient un « pont » entre les deux communautés. Enfin, la loi de 1873, facilitant la cession des terres indigènes aux Européens, en rendant applicable l'article 815 du Code Civil, ce qui permettait d'acheter une part indivise et ensuite de demander le partage.

En vingt ans, la propriété indigène recule de 1/5e dans le Constantinois; des 2/5es en Oranie; des 3/10es dans l'Algérois. Évolution qui entraîne, en 1881, l'insurrection du Sud-Oranais. Ismaël Urbain écrit l'année suivante: « Loin de progresser, nous avons perdu énormément de terrain depuis douze ans. Les Musulmans s'éloignent de plus en plus de nous et attendent avec la résignation des fatalistes l'heure de la vengeance. Nous payerons tôt ou tard les fautes que nous commettons et celles qui suivront forcément » (18).

Cependant, les années passent, et Napoléon III connaît une revanche posthume, grâce à deux hommes au jugement objectif.

Le premier, Jules Ferry. Puis il étudie le problème algérien, plus il retrouve les idées et même les formules de Napoléon III. Dans son grand discours du 28 juillet 1885, en particulier, il prend position contre la politique de dépossession et de cantonnement de l'indigène, et pour une politique d'évolution prudente, respectueuse des traditions locales. En 1892, il rend hommage aux militaires, bien plus généreux et plus intelligents, dans leurs rapports avec les indigènes, que la plupart des civils. Leur esprit, écrit-il, « est à cet égard plus étroit que l'esprit militaire. Celui-ci est vraiment un esprit de gouvernement; l'autre est un esprit d'accaparement ».

Et l'année suivante, le 26 mai 1893, le sénateur Isaac fait en plein Sénat l'éloge de la politique algérienne de Napoléon III. Revanche posthume pour ce dernier, d'autant plus éclatante que le ministre Jules Ferry et le sénateur Isaac avaient été, l'un et l'autre, républicains sous l'Empire.
 
Conférence prononcée à la mairie du 1er Arr. de Paris le 24 février 1987.

Notes

(1) Boyer (P.). - L'évolution de l'Algérie médiane (ancien département d'Alger) de 1830 à 1956 (Paris, 1960). Une mine de renseignements précis et sûrs.
(2) Renseignement fourni par M. Jean Watelet, conservateur à la Bibliothèque Nationale, et le meilleur spécialiste de l'histoire de la presse illustrée française des origines à 1914.
La collection du Monde Illustré, tome VII, juillet-décembre 1860, et l'album anonyme intitulé Voyage de Leurs Majestés Impériales dans le Sud-Est de la France, en Corse et en Algérie (S.l, 1860) fournissent une documentation iconographique relativement abondante.
Sur les incidences du voyage de Napoléon III et de l'Impératrice dans l'histoire diplomatique du temps, cf. Case (Lynn M.) Edmond Thouvenel et la diplomatie du Second Empire (Traduit par le R.P. de Bertier de Sauvigny; Paris, 1976) pp. 217-218.
(3) La cathédrale Saint-Philippe était alors toute neuve. Elle avait été construite de 1845 à 1860 sur l'emplacement de la mosquée des Ketchaoua (XVIIIe siècle) laquelle, en 1832, avait été convertie en église catholique. L'édifice apparaît très inspiré de l'architecture mauresque. La façade se compose d'un portique à trois arcades, flanqué de deux tours polygonales.
Immédiatement à droite de la cathédrale se trouve le palais d'Hiver, ancien Dar Hassan Pacha, maison mauresque de 1790, défigurée déjà par des aménagements commencés en 1839.
(4) Boulevards Anatole France, de la République et Carnot, prolongés, en quittant le front de mer, par le boulevard Baudin (appellations évidemment antérieures à 1962).
(5) Ageron (Ch. R.) - "L'Algérie algérienne" de Napoléon III à de Gaulle (Paris, 1980) pp. 17-36.
(6) Sur l'oeuvre des colons français en Algérie, cf. notamment Sergent (Ed. Et.) Histoire d'un marais algérien (Alger 1947; concerne la Mitidja) et la très belle thèse de Yacono (X.). La colonisation des plaines du Chélif (de Lavigerie au confluent de la Mina) (Alger, 1955, 2 volumes in-4o). Du même auteur, un article intéressant pour notre propos : "Quelques remarques sur la politique indigènes du prince-Napoléon en Algérie (24 juin 1858-7 mars 1859)" in IIe Congrès international d'études nord-africaines, no spécial de la Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, 1970, pp. 203-220.
(7) L'Algérie pour les Algériens. (1861) et L'Algérie française (1862).
(8) Belle documentation sur le voyage de 1865 dans Le Monde Illustré, tome XVI, janvier-juin 1865, et dans l'album de Pharaon (Florian) Voyage en Afrique de Sa Majesté l'empereur Napoléon III (Paris, Plon, 1865).
(9) C'est sur le plateau de Staouéli que fut livré le 19 juin 1830, cinq jours après le débarquement de Sidi Ferruch, le combat qui ouvrit à l'armée française la route d'Alger. Les Trapistes y fondèrent leur établissement agricole en 1843. Ils durent l'abandonner en 1904, mais les bâtiments conventuels furent conservés.
(10) Spillmann (général G.) "Napoléon III et le royaume arabe d'Algérie", Travaux et mémoires de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer; nouvelle série, no 3; Paris 1975, p. 113.
(11) Si Chérif, né en 1829, était tombé, tout jeune, aux mains des Français lors de la prise de la Smala d'Abdel-el-Kader. Élevé en France, il était devenu interprète auxiliaire, puis spahi, et il était chevalier de la Légion d'honneur depuis 1863. Il prit sa retraite avec la grade de capitaine adjudant-major. Cf. Spillmann, p. 39, note 1.
(12) Le Monde Illustré, tome XVI, p. 361.
(13) Ageron, op. cit., p. 58.
(14) Dans ce palais se trouvait encore en 1862 un buste de Napoléon III, rappelant le séjour de celui-ci.
(15) Timgad n'était pas alors dégagée.
(16) Cf. Spillmann, op. cit., pp. 52-87 (Texte de la 2e édition).
(17) Ibid. pp. 42-50.
(18) Établir un bilan de cent trente-deux ans de présence française en Algérie dépasserait le cadre de cette communication.
Bornons-nous à rappeler que l'on ne peut que placer à l'actif de la présence française une indiscutable amélioration des sols: la constitution d'une infrastructure économique de qualité, ainsi que celle d'un équipement social. En revanche, on peut considérer qu'il existe un passif, résidant dans certain accaparement de terres; dans l'union douanière et dans le monopole du pavillon; dans la rivalité industrielle métropole-Algérie; enfin, dans un régime fiscal très largement inadapté à l'économie du pays.
Il convient cependant de souligner que l'union douanière France-Algérie présentait pour cette dernière un avantage primordial car elle n'avait pas à assumer le déficit de sa balance commerciale.
Il convient également de souligner que l'action technique menée par la France en faveur du progrès agricole devait beaucoup développer la superficie des terres cultivées par les Musulmans. En 1830, il y avait tout au plus 500 000 hectares de terres cultivables pour quelque 2 millions d'habitants musulmans. En 1954, 8 millions et demi de Musulmans possédaient 4 780 000 hectares de terres cultivables - 68% du total. Alors qu'en 1830, il y avait 0,25 hectare de terre cultivée par habitant musulman, en 1954, il y en avait 0,56, en dépit de la multiplication de cette population musulmane par 4,25. D'ailleurs, depuis 1939, les Musulmans - à l'inverse de ce qui s'était passé sous la Troisième République entre 1871 et 1914 - étaient devenus acquéreurs de terres.
Si beaucoup de réalisations françaises ne produisirent pas sur le niveau de vie des Musulmans les résultats que l'on pouvait en espérer, ce fut à cause d'une extraordinaire - et déraisonnable - poussée démographique. Si, entre 1830 et 1950, la population française avait augmenté dans la même proportion que l'algérienne musulmane, la France aurait eu vers 1954 plus de 300 millions d'habitants...
Cf Gendarme (R.). - L'économie de l'Algérie. Sous-développement et politique de croissance (Paris, A. Colin, 1959).
Titre de revue :
 
Revue du Souvenir Napoléonien
Numéro de la revue :
 
363
Numéro de page :
 
30-36
Mois de publication :
 
février
Année de publication :
 
1989

Secrets d'Histoire Napoléon III, le dernier empereur des Français

10.3.26

. En 1934, Edgar Cayce, le prophète endormi..

 En 1934, Edgar Cayce, le prophète endormi, a décrit avec une précision troublante la montée et la chute d'un puissant bâtisseur… et l'émergence d'une figure de lumière destinée à guérir un monde fracturé. Cette prophétie oubliée, enfouie pendant des décennies dans les archives, résonne aujourd'hui comme jamais. Qui est ce bâtisseur entouré d'or ? Qui est ce guérisseur mystérieux ? Et surtout… vivons-nous le moment exact que Cayce avait prédit ?

Dans cette vidéo, nous explorons l'une des visions les plus fascinantes et les plus méconnues d'Edgar Cayce : le cycle éternel de la chute et du renouveau, et ce qu'il signifie pour notre époque.


8.3.26

LFI et les islamistes : tous les acteurs ..

Liste des députés et collaborateurs parlementaires de La France Insoumise, liés à des islamistes et/ou bienveillants avec l’idéologie islamique. 


Jean-Luc Mélenchon : « Tuer le chef du Hamas, c’est une erreur », discours d’octobre 2024 du chef des Insoumis au lendemain de la neutralisation de Sinwar . « L’assassinat d’Hassan Nasrallah est un pas de plus vers la guerre générale […] les crimes de Netanyahu vont continuer puisqu’ils sont impunis. » Propos de JLM du 28 septembre 2024. Neutraliser des chefs terroristes, voilà des « crimes » et des « erreurs » pour le chef de LFI. Mélenchon a volé au secours du militant musulman Anasse Kazib, alors qu’il était convoqué par la police pour apologie du terrorisme, pour des tweets de soutien à la « résistance palestinienne » dès le 7 octobre 2023, jour de la plus grande attaque terroriste contre des civils israéliens. Mélenchon commenta sur X « Encore un militant mis en cause judiciairement […]

Eric Coquerel : Député de Seine-Saint-Denis, grand artisan des passerelles entre les mouvements de banlieue et LFI, il se refuse à voir un danger chez les islamistes. Ainsi, questionné par Jean-Jacques Bourdin le 26.11.2024 lui demandant si les islamistes sont des ennemis de l’Intérieur, après une hésitation il répond « je refuse de répondre à cette question » au nom de l’amalgame entre musulmans et islamistes, tout en ciblant ensuite les « chrétiens intégristes obscurantistes », qui seraient, eux, un vrai danger. Il se félicita en novembre 2019 d’aller marcher à la manifestation contre l’islamophobie co -organisée par les Frères Musulmans à Paris. Il rédigea même une tribune dans Libération pour défendre cette manifestation réunissant le gratin des islamistes engagés. Le principal orateur sur l’estrade de la manifestation était Marwan Muhammad, dirigeant du CCIF depuis dissout, qui défendit publiquement l’association Ana Muslim dont le référent théologique fut un porte-parole de l’Etat Islamique, Adrien Guihal, accusé d’incitation au terrorisme par l’Intérieur ! Pourtant, dès décembre 2008, Adrien Guihal fut arrêté pour avoir fomenté un projet d’attentat en France. Il fut condamné en janvier 2012 pour « association de malfaiteurs à visée terroriste ». L’organisateur de la marche contre l’islamophobie connaissait tout cela avant de prendre sa défense. Guihal revendiqua en 2016 le meurtre de deux policiers à Magnanville sur les médias de l’Etat islamique.
Ersilia Soudais :  Cette député de Seine-et-Marne accueillit le 21 décembre 2022 le terroriste franco-palestinien Salah Hamouri à l’aéroport de Roissy CDG. Hamouri reconnut à son procès en Israël avoir projeté d’assassiner le grand rabbin d’Israël. En septembre 2024 Ersilia Soudais vint soutenir au commissariat du 17ème arrondissement, l’islamiste Elyas d’Imzalène prétendant qu’il fut arrêté car simplement musulman, en omettant la raison : son appel à « mener l’intifada à Paris » lors d’une manifestation pro Hamas d’Urgence Palestine. En janvier 2025, elle qualifie à l’Assemblée nationale de « scandaleuse » la dissolution des Frères Musulmans du CCIF , alors que son président, Marwan Muhammad, volait au secours de l’association Ana Muslim dont un des prédicateurs, Adrien Guihal, fut porte-parole de l’Etat islamique.

Ritchy Thibaut : attaché parlementaire de E.Soudais, a déclaré à Paris après que le militant pro Hamas Elias d’Imzalène eut pris la parole : « Oui, notre Elias avait raison : le seul chemin dans les rues de Paris et partout, c’est l’intifada ».
Danièle Obono : Député de Paris, elle aime dire qu’elle partage des combats avec l’islamiste Houria Bouteldja, qu’elle qualifie de « camarade », et dont elle a défendu la cause sur Radio J . Bouteldja soutient ouvertement le Hamas et traite les français historiques de « sous chiens ». Citation de D.Obono : « Le Hamas est un mouvement de résistance » (Sud Radio, octobre 2023). Obono a signé une pétition en 2012 de soutien à Said Bouamama, un sociologue islamiste ayant écrit une chanson intitulée « Nique la France », auteur régulier chez les pro Hamas du Parti des Indigènes de la République (fondé par Bouteldja). Bouamama est aussi membre de l’organisation fréro-salafistes L.E.S MUSULMANS. Obono défend aussi les réunions et stages interdits aux blancs, réservés aux « racisés » comme en organise le syndicat SUD.
Sophia Chikirou : Après la neutralisation d’un chef du Hamas, Ismaeil Haniyeh, elle relaie sur X un hommage du groupuscule pro Hamas Urgence Palestine au terroriste qualifié de « martyr ».

Thomas Portes : Le 10 octobre 2023, il publie une photo le montrant en Égypte aux côtés de Abu Amir Eleiwa, un des dirigeants de l’ONG Humani Terre collectant des fonds pour le Hamas, dont du matériel a été trouvé dans les tunnels du Hamas. L’ONG lève des fonds dans les mosquées fréristes en France et vient d’avoir ses fonds gelés pour liens avec une organisation terroriste. 

Portes, furieux de l’enquête du Figaro Magazine sur LFI et les islamistes, menace sur X « Torchon islamophobe, on n’oubliera jamais ceux qui participent à cette opération » . L’auteur de l’enquête, le syrien Omar Youssef Souleimane, semble plus qualifié que le député de Seine-Saint-Denis pour analyser le phénomène islamiste. 
Sébastien Delogu : Il mit un cœur à la publication du militant pro Hezbollah Seyyed Gouasmi (chef d’une association dissoute pour appel à la lutte armée contre les Juifs, Zahra) qui encensait l’Insoumis pour le drapeau palestinien qu’il brandit à l’Assemblée Nationale. Delogu a publié sur ses réseaux sociaux un clip de rap mentionnant un four à pizza en guise d’illustration lorsque le député juif Meyer Habib apparaît à l’image.
Mathilde Panot : chef du groupe des députés LFI à l’assemblée, elle publie le 7 octobre 2023 un communiqué au nom du groupe se refusant à qualifier de terroriste le massacre, présentant cela comme une guerre d’état à état : « une offensive armée des forces palestiniennes ». 
Louis Boyard :  le député « insoumis » réclame la libération du terroriste libanais Georges Abdallah.


Hugo Bernalicis : député des Bouches-du-Rhône, il dépose en novembre 2024 une proposition de loi afin d’abroger le délit d’apologie du terrorisme. Le secrétaire général du syndicat des commissaires de police, Frédéric Lauze, s’en offusqua : « Alerte ! Le syndicat des commissaires de police est indigné, stupéfait, inquiet qu’un parti veuille désarmer la police, nos services de Renseignement en proposant de supprimer le délit d’apologie du terrorisme outil majeur dans la lutte contre la barbarie terroriste. Le terrorisme c’est près de 300 morts en 20 ans, des victimes égorgées, écrasées, massacrées ; de simples citoyens, de toutes confessions, des policiers, des journalistes, prêtre, des professeurs…. Cette infraction d’apologie du terrorisme est un délit apparu dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse initialement réprimé par son article 24 sous le régime relativement protecteur des délits de presse.
C’est devenu un délit de droit commun depuis la loi Cazeneuve du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme qui réprime l’incitation comme l’apologie du terrorisme, poursuivies sur le fondement de l’article 421-2-1 du code de procédure pénale.
Comment des députés peuvent dans une période de menace terroriste continue et croissante proposer de désarmer les défenseurs de la nation, policiers et magistrats ? »
Ismaël El Hajri : collaborateur parlementaire de Louis Boyard. Il a signé une tribune aux côtés d’imâms fréristes, organisée par des sites d’informations pro Frères Musulmans tels Islam et Infos et Dômes et Minarets dénonçant la supposée islamophobie des médias et les « polémiques vestimentaires incessantes » sur les femmes voilées. Il participe au Forum du Front Uni pour les quartiers populaire (FUIQP) dont les revendications phares sont la libération de terroristes palestiniens comme Ahmad Saadat ou Georges Abdallah. Le dernier communiqué du FUIQP  sur son site web, est de dénoncer l’expulsion du président de la mosquée de Pessac, Abdourrahmane Ridouane, accusé par l’Intérieur de justifier des actes terroristes et de provoquer à la haine envers les pays occidentaux et les juifs

David Guiraud : Lors d’une conférence à Tunis en octobre 2023 il affirme que l’idée que le Hamas utilise des boucliers humains lui « rappelle un vieux dicton qui dit que chaque accusation d’Israël est une confession. ». Lors des émeutes de l’été 2023 ayant visé 250 commissariats et postes de police, il défendit les émeutiers : « Ce sont les policiers qui doivent se calmer […] Moi, je n’appelle pas au calme, j’appelle à la justice. ». Il refusa l’idée de Priscia Thévenot de l’interdiction du voile pour les petites filles, car « le voile est un problème marginal » selon lui.
Rima Hassan : Sur X le le 22 août 2024 elle écrit : « En dehors de la pensée hégémonique occidentale, personne ne rattache le 7 octobre à du terrorisme ». Elle participe début mai 2012 à un « forum social maghrébin » à Tunis aux côtés de responsables de mouvements terroristes. A cet événement, elle partage le micro avec Sami Abu Zuhri responsable politique du Hamas en Afrique du Nord, Yousef Hamdan, représentant du Hamas en Algérie, et Jamel Mazhar vice-secrétaire général du FPLP, qui déclara : « la résistance palestinienne dans la bande de Gaza, avec ses branches militaires, mène la plus grande épopée des temps modernes, où elle a réussi, avec ses modestes moyens et ses opérations conjointes sur le terrain (coordination entre Hamas, FPLP et Jihâd islamique, ndlr), à surprendre l’ennemi ». Rima Hassan publia une photo de tout ce petit monde sur l’estrade avec un commentaire enjoué : « Mood Sud Global » (X, 10 mai 2024).

Sur le média Le Crayon en novembre 2023, à la question de l’interviewer si l’action du Hamas est légitime, elle répond « vrai ». 

Le 18 octobre 2024, le jour de la neutralisation de Sinwar, Hassan écrit sur X « La résistance palestinienne n’est pas en un leader ou un mouvement, elle est en tout palestinien » après avoir publié « ils ont créé des Sinwar pour les 10 prochaines années ». 
Manon Aubry : Fait partie des trois eurodéputés français qui votèrent contre la résolution C9-0436 du Parlement européen portant sur « les attaques terroristes abjectes du Hamas contre Israël, le droit d’Israël de se défendre conformément au droit humanitaire et international et la situation humanitaire à Gaza » . En janvier 2025, la chef des eurodéputés LFI refuse de voter pour la résolution du Parlement européen exigeant la libération de Boualem Sansal, afin de ne pas froisser l’Algérie. Elle s’abstint alors que Rima Hassan vota contre. Algérie qui, rappelons-le, se félicita officiellement de l’attaque terroriste du 7 octobre en Israël.

Christophe Bex : Député LFI de Haute-Garonne, il a pris la parole lors de la manifestation du collectif pro Hamas Palestine Vaincra le 5 octobre 2024 à Toulouse, afin d’exprimer sa « solidarité » aux Kanakis combattants la France en Nouvelle Calédonie, et aux « peuples » palestiniens et libanais. Il demande la libération du terroriste Georges Abdallah lors du même discours. La solidarité du collectif Palestine Vaincra est revendiquée avec le Hamas et le Hezbollah, ainsi dans un tweet du 27.09.2024 : « nous avons la responsabilité de nous tenir au côté de la résistance des peuples palestinien et libanais dans leur lutte commune contre l’impérialisme et le sionisme ».
Hadrien Clouet : Député de Haute-Garonne, participe à la campagne « Dismantle Damon » du Collectif Palestine Vaincra demandant la libération de prisonnières en Israël arrêtées pour aide à des organisations terroristes.

Antoine Léaument : Député LFI en charge de la communication digitale de Mélenchon. Interrogé sur LCI le 29 décembre 2023, il affirme que « nous ne qualifions le Hamas de terroriste », même si lors de la même interview il caractérise les attaques du 7 octobre comme étant des attaques terroristes.


Sébastien Delogu : Député des Bouches-du-Rhône, il s’affiche aux côté du fils de Hassan Iquioussen, Othman, lui-même imâm frériste, tenant un grand drapeau palestinien aux Université d’été de la France Insoumise. 
Amine Snoussi : Collaborateur parlementaire LFI se baladant en keffieh à l’Assemblée National, il soutient le rappeur islamiste Médine « qui ne cède sur rien sur toutes nos luttes décoloniales » et cite ces paroles « On hait les gardiens de la paix quand ils shootent les Kanaks »  (X, 13.10.2024). Il se prit en photo avec le rappeur Médine un mois plus tôt.  Il écrit des articles dans le média islamiste anglophone Middle East Eye, fondé par des anciens de AL-Jazeera et Al-Quds TV,  financé par le Qatar, traitant de manière bienveillante le Hamas, et appuyant sa propagande. Les EAU et l’Egypte ont dénoncé la ligne frériste du média. Snoussi s’en prend à Fabien Roussel car il osa donner une interview à Sonia Mabrouk, avec ce commentaire «  c’est ça le drame de Roussel. Continuer de croire qu’être apprécié par les pires racistes et islamophobes de la scène médiatique serait d’une quelconque utilité pour les communistes et la gauche » (X, 26.09.2024). Participe le 3 août 2024 à la manifestation d’Urgence Palestine, groupuscule soutenant le Hamas. Pour lui, l’utilisation du qualificatif de «terrorisme » pour décrire le Hamas est « insupportable » (X, 11.07.2024).

Snoussi accuse un article du Parisien évoquant la fermeture du dernier magasin vendant du porc et de l’alcool au Val Fourré comme de « la pure islamophobie » (X, 20.07.2024), la rédaction du Parisien appréciera.
Aly Diouara : député LFI de Seine-Saint-Denis. Il prit la défense en juillet 2022 de l’imam frériste Hassan Iquioussen, partisan du califat et du Hamas lors de son expulsion, en pointant sur X que « l’islamophobie est avant toute chose un racisme d’État », dans un discours proche de celui tenu par les partisans des Frères musulmans. « Mon soutien à l’homme, à ses enfants et petits-enfants et à toutes les victimes de ce climat racistement (sic) hostile », écrivait-il. Quelques jours plus tard, il avait dénoncé « une chasse à l’homme institutionnelle » contre ce même imam. « Je sais pas si on se rend compte de la violence du délire et le silence politique qui va avec mais c’est de la folie… »

Musulman pratiquant à en juger à sa marque sur le front, marque des musulmans pieux, il s’en prit à une couverture du Parisien concernant le phénomène des burkinis marquant selon lui « l’islamophobie » de la rédaction.

Diouara s’en prend au « candidat sioniste de la droite libérale de gôche (sic), Raphaël Glucksmann » (X.12.05.2024). Raciste, il partageait sur X en août 2022 une photo de plusieurs responsables socialistes et insoumis, dont Olivier Faure, Clémentine Autain et Alexis Corbière avec ce commentaire sur leur couleur de peau :

« Salut les blancs, dites… on vous dérange pas trop dans votre remake de la conférence de Berlin ? »


Anthony Toueilles : Ce député LFI n’a pas apprécié que Jacqueline Belhomme maire PCF de Malakoff aie partagé une illustration de Fargol Ghadimi représentant l’iranienne Ahou Daryaie qui osa enlever son voile, seule face à une foule d’Iraniennes vêtues d’un long voile noir et levant les bras. Toueilles l’a accusé d’avoir fait preuve d’ « islamophobie décomplexée ». Madame Belhomme a logiquement porté plainte contre cette accusation typique des islamistes, pouvant inciter un terroriste à l’attaquer. 
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Les organisations islamistes proches de LFI
Collectif Palestine Vaincra : Très actif sur Toulouse, recevant le soutien des députés LFI Hadrien Clouet et Christophe Bex lors de ses manifestations, il réclame la libération des prisonniers palestiniens en Israël, à l’instar de Shahad Owaida, journaliste de Al Jazeera soutenant le Hamas, ou Layan Kayed, organisant des camps étudiants pour les jeunes du FPLP. Le collectif soutient Georges Abdallah, en prison pour complicité de meurtre contre des fonctionnaires travaillant dans les ambassades américaines et israéliennes de Paris au début des années quatre-vingt. Salah Hamouri est aussi complaisamment interviewé (X, 13.10.24). Pour Palestine Vaincra, le 7 octobre correspond au « Soulèvement du ghetto de Gaza », reprenant une expression du militant anti sioniste Adi Callai invité à débattre (21.11.2024, Toulouse). Le collectif appelle à s’imprégner de l’analyse de Callai, pour qui les massacres du 7 octobre sont une « opération méticuleusement exécutée » de « résistance ». Négationniste, Callai dénonce les « sources du gouvernement israélien » évoquant la mort de civils, en faisant mine de croire que « nous ne saurons jamais ce qu’il s’est réellement passé les premières heures »…alors que les terroristes se filmaient eux même ! L’intellectuel star des antisionistes doute des témoignages faisant état d’armes blanches comme des machettes, au prétexte qu’il « n’a jamais vu de machette en Palestine ». Et pourtant, ceux qui ont visionné les atrocités du 7 octobre ont pu constater que des civils avaient la main droite et le pied gauche tranchés, comme le stipule le Coran contre les ennemis de l’islam. (interview de Adi Callai dans Lundi.am du 23.04.2024, article Le soulèvement du Ghetto de Gaza ». Palestine Vaincra soutient les extrémistes kanakis dans leur lutte contre les gendarmes français en Nouvelle Calédonie. Le Hezbollah est soutenu par PV, notamment lors d’un discours du 5.10.24 à Toulouse. 

Parti des Indigènes de la République : Dirigé par Houria Bouteldja, ouvertement supportrice du Hamas, longtemps salariée de l’Institut du Monde Arabe et propulsée par le service public télévisée depuis les années 2010. Elle est à l’origine de l’expression « sous-chiens » pour décrire les français autochtones. Déclara en 2019 « on ne peut être israélien innocemment. » Lors de la neutralisation du chef terroriste Ismaël Haniyeh, elle s’en plaint en écrivant sur Facebook « le monde arabe vit un cauchemar éveillé. » 

Madjid Messaoudene, conseiller municipal LFI de Saint-Denis  organisa des réunions avec le PIR dans une salle municipale. 

Urgence Palestine : Dirigé par Omar Alsoumi, Des députés LFI participent aux manifestations de ce groupuscule pro Hamas. Le garde du corps de Rima Hassan s’occupe aussi de la sécurité de ses manifestations aux côtés du prédicateur Mohamed Yacine. Lors d’une réunion publique d’Urgence Palestine à Paris en présence de la député LFI Danièle Simonet, une dénommée Mériem prit la parole : « Pour moi comme pour beaucoup de musulmans, le 7 octobre a été la résistance en action » (propos rapportés par Frontières n°3 par la journaliste Pauline Condomine présente dans la salle). Afin de répondre à une tribune hostile parue dans Médiapart, le groupuscule défend « la glorieuse opération Déluge d’Al Aqsa », nom de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023. La France Insoumise co signe ses communiqués, comme à Lyon le 18.11.2024,  s’offusquant de l’interdiction d’une conférence du terroriste Salah Hamouri (qui reconnut avoir voulu tuer le grand rabbin d’Israël lors de son procès). La député LFI Sophia Chikirou a relayé son communiqué d’hommage élogieux à Ismail Haniyeh. 

Omar Alsoumi, alors que Urgence Palestine fut conviée par l’AG Féministe Paris Banlieue à participer à une marche féministe le 8 mars 2024, s’offusqua de la présence du collectif « Nous Vivrons » dans le cortège. Ce collectif est composé de juives voulant dénoncer les viols et féminicides du Hamas, mais cette coloration sioniste est insupportable pour Alsoumi qui rédigea un compte-rendu à ses militants (dont une journaliste de Frontières, infiltrée) appelant à « s’opposer physiquement aux sionistes qui viendraient balader leur drapeau génocidaire dans la manif ». 

Urgence Palestine avait un stand aux Universités d’été de la France Insoumise, les AMFIS, en août 2024. 
Perspectives Musulmanes : groupuscule fondé par Elias d’Imzalène, co organisateur de la Marche contre l’islamophobie de novembre 2019 à laquelle participèrent des élus LFI. Perspective Musulmane se donne comme mission de soutenir les Frères Musulmans lorsqu’ils sont malmenés par la justice. Ainsi, ce communiqué du 30.07.2022 qui « apporte son soutien plein et entier à Hassan Iquioussen ainsi qu’à tous les imâms expulsés avant lui », quand bien même Iquioussen souhaite rétablir le califat par le jihâd armé et loue le Hamas. Imzalène alla le 6.10.2024 à la rencontre d’un taliban ex prisonnier de Guantanamo, Mansoor Adayfi, qui soutient ouvertement le Hamas.  Pour son appel à l’intifada (la guerre des pierres) lors d’une manifestation à Paris en septembre 2024, Imzalène est poursuivi pour appel à la haine par la justice, après une mise en garde à vue.  Quelques heures après, Ersilia Soudais vint le soutenir au commissariat du 17ème arrondissement, prétendant qu’il fut arrêté car simplement musulman, en omettant la raison. La député LFI de Seine-et-Marne et l’islamiste participèrent à une même table ronde le 1er mars 2024.

La porte-parole du collectif Perspectives Musulmanes, Maria de Cartena, portant l’Abaya, n’a jamais condamné les attaques terroristes du Hamas. Le 8 octobre 2023, elle présentait l’attaque djihadiste comme une « décolonisation en cours ». Cette dernière relaie très souvent les « tweets » de députés LFI, ainsi que des organisation pro Hamas anglophones comme CAGE, dirigée par Muhammad Rabbani interdit de séjour en France pour trouble à l’ordre public (prétend que la France terroriste les musulmans). Rabbani a condamné la neutralisation d’Ismail Haniyeh « leader de la résistance palestinienne » dans un communiqué CAGE du 31.07.2024. Pour Maria de Cartena, la France est un « régime oppressif islamophobe » (discours à Lyon du 14.01.2024), qu’elle illustre sur X en soutenant l’imâm Ismail de la mosquée marseillaise dite des Bleuets ( de son vrai nom Smain Bendjelali). Pourtant l’imâm Ismail a eu des propos légitimant la violence et à la discrimination envers les femmes, selon le ministère de l’Intérieur. « Délaisser la prière islamique est un péché plus grave que de tuer une centaine de personnes » selon l’imâm, qui légitime aussi le viol conjugal arguant qu’une femme n’a jamais le droit de se refuser aux pulsions de son mari. 

Les tweets du député LFI Raphaël Arnault sont souvent « retweetés » par de Cartena. 

Autre porte-parole de Perspectives Musulmanes, Ehmad Ibrahym, qui le 10 février 2024 lors d’une manifestation à Paris, prit le micro pour hurler : « Par dizaines de milliers les palestiniens tombent en martyrs sur le sentier de la Libération. Gloire à nos martyrs In sha Allah nous prierons ensemble à la Mosquée d’Al Aqsa libérée ! »

Et peu avant il déversait sa haine à l’endroit de la France, toujours au micro :  « Paris est la capitale des ténèbres, c’est la capitale du mal, c’est la capitale de l’hypocrisie ». Quand on sait que la catégorie des « hypocrites » est visée par le jihâd en droit musulman, il faut s’inquiéter. 

Collectif Adama : Assa Traoré a signé une tribune « Stop à la criminalisation de soutien à la Palestine » soutenant des extrémistes pro palestiniens visés par des enquêtes pour apologie du terrorisme, comme Judith Butler, Rima Hassan ou Anasse Kazib. Pourtant, leurs propos concernant les massacres du 7 octobre en Israël sont sans équivoque quant à leur bienveillance envers les terroristes. Judith Butler, sociologue américaine, déclara que l’attaque du 7 octobre, qui visa non seulement des militaires mais des jeunes faisant la fête et des femmes pour les violer/massacrer, fut un « soulèvement […] un acte de résistance armée […] ce n’est pas une attaque terroriste. » (conférence à Pantin, mars 2024).
Révolution Permanente : A la fois petit parti politique et média dirigé par l’ancien syndicaliste Anasse Kazib (photo), candidat malheureux à la députation en Seine-Saint-Denis. Ses prises de positions en faveur du voile islamique dans les fédérations sportives, le port du voile à l’école publique, en font un allié bruyant des islamistes. Le 10 juillet 2024, RP s’offusque dans un communiqué de l’expulsion d’un imâm sénégalais exerçant dans l’Aube, pour des propos intimant aux femmes de rester à la maison ou de ne pas se mélanger avec les non musulmans. Un « Racisme d’état » pour Révolution Permanente. LFI apporta son soutien à Anasse Kazib lors de sa conférence prévue à la Sorbonne le 9 février 2022, présence à l’université dénoncée par Les Natifs, des jeunes militants identitaires. Eric Coquerel et Aly Diouara prirent la parole pour soutenir l’islamiste.

Anasse Kazib a fait l’objet d’une enquête pour apologie du terrorisme concernant quatre « tweet » de soutien à la « résistance palestinienne », comprendre le Hamas. « Soutien au peuple palestinien qui est debout face à cet état sanguinaire qu’est Israël » avait tweeté Kazib le fameux 7 octobre. 

Samidoun : Collectif qui se présente comme « réseau international de solidarité avec les prisonniers palestiniens », proche du FPLP. Un de ses représentants à Paris en conférence au siège de la CNT a expliqué vouloir « inverser le récit en reconnaissant la légitimité de la résistance palestinienne sous toutes les formes qu’elle prendra ». Comprendre le Hamas, le FPLP et le Jihâd islamique comme les trois composantes de la « résistance ».
La Jeune Garde Lyon

La Jeune Garde est un groupuscule d’ultra gauche violent dirigé par le député LFI Raphaël Arnaud jusqu’à ses nouvelles fonctions. Un de ses responsables et proche d’Arnaud, Hamma Alhousseni, fit à plusieurs reprises l’apologie des djihadistes de Boko Haram depuis le Niger, et du terrorisme sur les réseaux sociaux.

Sur son compte Instagram (aujourd’hui supprimé) sous le pseudonyme de Luc B. il avait également tourné en dérision l’assassinat de Samuel Paty, en partageant une photo de la tête décapitée de l’enseignant et commentant : « A force de critiquer, insulter la même religion, voilà le résultat« .

Une enquête pour apologie du terrorisme et diffusion de l’enregistrement d’image relative à la commission d’une atteinte volontaire à l’intégrité de la personne a été ouverte. Les investigations sont confiées à la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon.

Des membres de la Jeune Garde s’occupent de la sécurité de la député LFI Rima Hassan. Le 27 mai 2024, après une conférence de Hassan à Paris Dauphine, huit antifacistes de la Jeune Garde lynchèrent un jeune juif de 15 ans dans le métro, traité de « sioniste ». Ils sont depuis mis en examen. 

Jean-Luc Mélenchon a toujours eu d’excellents rapports avec les « Antifa » de la Jeune Garde. Il rencontra plusieurs fois Raphaël Arnault dans des rassemblements, en enjoignant ses camarades à se mobiliser contre l’extrême droite « avec des méthodes impactantes ». On ne compte plus les agressions physiques de la Jeune Garde contre des étudiants lyonnais suspectés d’être de droite.

Nouveau Parti Anticapitaliste : 

Dans un communiqué du 9 octobre 2023, deux jours seulement après l’attaque barbare du Hamas/Jihâd Islamique visant à dépecer des civils et violer des femmes, entre autres atrocités, le NPA dirigé par Philippe Poutou, se fendait d’un communiqué officiel solidaire des djihadistes : « Soutien plein et entier à la lutte des Palestiniens pour leur émancipation, y compris par la lutte armée » . Le NPA fait partie de la coalition électorale du Front populaire avec LFI.  L’interdiction de l’Abaya à l’école est selon le parti un « racisme et une islamophobie d’Etat ». Le parti de Poutou veut aussi abroger la loi de 2004 sur l’interdiction du hijab à l’école, ainsi que la loi sur le séparatisme (communiqué du 8 novembre 2024). Le NPA soutient aussi le rappeur islamiste Médine qui souhaite « crucifier les laïcards comme à Golgotha » dans ses chansons.

Paroles d’Honneur : A la fois média « décolonial indigeniste », revue, et centre de réflexion autour de Houria Bouteldja. Disposant d’une chaine Youtube très populaire, ce média dénonce les expulsions d’imâms extrémistes par l’Intérieur, les « violences policières » et fait régulièrement la promotion de Rima Hassan, souvent interviewée. Paroles d’Honneur promeut les initiatives des Frères Musulmans du CCIE, un collectif contre l’islamophobie ayant pris le relai du CCIF dissous. Une vidéo dénonce les imâms jugés trop complaisant envers la république tel Tareq Oubrou ou l’imâm Chalghoumi, intitulée « L’arnaque de l’islam des Lumières ».  Dénonce la loi en 2004 interdisant le hijab à l’école. 

Houria Bouteldja prit la plume pour défendre LFI sur sa page Facebook le 29.05.2024 : « Cela fait un bail qu’au QG Décolonial et Paroles d’Honneur nous avons pris fait et cause pour LFI »

Forum du Front Uni pour les quartiers populaires (FUIQP) Ses revendications phares sont la libération de terroristes palestiniens comme Ahmad Saadat ou Georges Abdallah. Le dernier communiqué du FUIQP sur son site web est de dénoncer l’expulsion du président de la mosquée de Pessac, Abdourrahmane Ridouane, accusé par l’Intérieur de justifier des actes terroristes et de provoquer à la haine envers les pays occidentaux et les juifs. Ismaël El Hajri, collaborateur parlementaire de Louis Boyard, soutient et participe au FUIQP.

Humani Terre : ONG basée à La Courneuve, dont du matériel estampillé a été trouvé dans les tunnels du Hamas. Le parquet anti terroriste a ouvert une enquête pour « financement du terrorisme » et  « association de malfaiteurs terroriste criminelle et blanchiment ».

L’ONG lève des fonds dans les mosquées fréristes en France en faisant des conférences avant de lancer un appel aux dons. Boubaker El Hadj Amor, longtemps président de la  grande mosquée de Poitiers construite par l’UOIF, fait partie des piliers de l’association.  Le 10 octobre 2023, le député LFI Thomas Portes publie une photo le montrant en Égypte aux côtés de Abu Amir Eleiwa, un des dirigeants de l’ONG Humani Terre.


Ismael Boudjekada : Elu conseiller municipal écologiste à Grand Charmont. Connaissance de Mathilde Panot avec qui il se prend en photo tout sourire. Candidat Nouveau Front populaire aux législatives de juin 2024. Pour lui « oui, le Hamas est un mouvement de résistance ». Il fut condamné en juin 2024 pour cette apologie du terrorisme.  Il récidive le 16 octobre afin d’honorer la mémoire de Yahya Sinouar en le qualifiant de « héros ». Il s’est réjouit du pogrom à Amsterdam contre les supporters israéliens sur un live « ils en ont pas pris assez, je n’en dirai pas plus ».  Le jour de l’annonce de la motion de censure RN-LFI il commente une photo de Bruno Retailleau ainsi « Ce fils de catin va enfin disparaître du gouvernement. El hamdoulilhah ! » X, 2.12.2024

La Rédaction .

https://islamisme.org/2025/01/lfi-et-les-islamistes-tous-les-acteurs/


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