10.5.26

KATZ… CRIMINEL DE GUERRE !.

 La vérité sur l'histoire !.


Transmis par José Castano


« Et ton nom paraîtra dans la race future, aux plus cruels tyrans, une cruelle injure ! » (Racine)

    En ce début d’année 1962, l’OAS était arrivée à l’apogée de sa puissance et le slogan « l’OAS frappe où elle veut, quand elle veut », n’avait jamais été aussi vrai. A Oran, elle était maîtresse de la ville. A sa tête figurait des noms prestigieux comblés de gloire et d’honneurs qui entretenaient un climat de confiance malgré le tragique de la situation…
    Le gouvernement gaulliste ne pouvant admettre pareille humiliation, avait nommé à la tête du secteur autonome d’Oran, afin de réduire cette « OAS narguante » -et pour le malheur des Oranais- le 19 février 1962, le général Joseph Katz en remplacement du général Fritsch qui refusait de pratiquer sur les membres de l’OAS cette besogne de basse police qu’était la torture. La mission de Katz : « Mettre au pas la ville sous contrôle de l’OAS ». Celle-ci était alors dirigée par les généraux Jouhaud et Gardy, le colonel Dufour, le commandant Camelin, le lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, Charles Micheletti et Tassou Georgopoulos.
    En bon exécutant, Katz, s'apprêtait à écraser ceux qui refusaient d'obéir aux ordres de l'Élysée et ceux qui persistaient à crier « Algérie française ! », maxime désormais classée comme « cri séditieux », ajoutant aux vertus de l'obéissance passive, une haine que même le règlement de la gendarmerie ne prescrivait pas. Car Katz n'était pas un soldat comme les autres. C'était une sorte de prolétaire patrouillant avec délice dans la hiérarchie militaire, un ancien gardien de vaches bousculant les usages et les convenances. Carré d'épaules, rond de ventre, aussi peu distingué que son complice d’Alger, Debrosse, outre celle de leur cruauté, on leur prêtait une certaine ressemblance : même corpulence massive, même front de taureau, même manie de traiter tout le monde de « con » ou de « bon à rien », même dénuement de préjugés.
Katz était un militaire républicain que De Gaulle avait cueilli à Bordeaux pour l'envoyer mater la « racaille d'Oran ». Son sentiment à l'égard des Pieds Noirs était celui-ci : « Un ramassis de descendants de déportés de droit commun, de négriers qui veulent conserver leurs privilèges. ». Cet homme, arrêté en mai 1958 pour avoir soutenu Pflimin, c'est-à-dire la République pure et dure, avait obéi parce qu'en 1962, la République, c'était De Gaulle... et l'assurance d'une foudroyante promotion. Encore un spécialiste du « retour de veste ».
    Alors qu'à Alger, depuis la sanglante affaire des Barricades, on avait surnommé Debrosse : « Le sanguinaire », très vite, aux yeux des Oranais, Katz allait devenir « Le boucher ». Pour briser toute résistance, la première consigne qu'il donna à sa troupe essentiellement constituée de « gens sûrs », en l'occurrence les Gendarmes Mobiles, dits « les rouges » fut celle de tirer à vue sur tout Européen qui aurait l'audace de paraître sur une terrasse ou un balcon lors d'un bouclage. « Le feu - précisa-t-il - sera ouvert sans sommation sur les contrevenants à partir du 23 avril. De même, le feu sera ouvert, par tous les moyens y compris l'aviation, sur les éléments OAS circulant en ville. ». C'était ratifier une pratique que les « gendarmes rouges » utilisaient déjà depuis un mois...
    Les premières victimes du « boucher d’Oran » furent deux adolescentes de 14 et 16 ans : Mlles Dominiguetti et Monique Echtiron qui étendaient du linge sur leur balcon. Elles furent tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde de 12/7 traversèrent la façade et fauchèrent dans leur appartement, Mme Amoignan née Dubiton, dont le père était déjà tombé sous les balles d’un terroriste du FLN, ainsi que sa petite fille, Sophie, âgée de deux ans et demi et sa sœur, Frédérique, âgée de treize ans qui, atteinte à la jambe, eut le nerf sciatique arraché et dut être amputée. « Il est beau qu’un soldat désobéisse à des ordres criminels » ; à l’évidence, ces soldats par trop zélés n’avaient pas lu Anatole France…
    Toutefois, tirer à vue sur tout ce qui bougeait ne semblait pas briser la résistance oranaise. Alors, « en désespoir de cause », Katz demanda à son officier de liaison Air, le colonel Grégoire, d'étudier les possibilités d'armement des bombardiers B.26 avec des roquettes et des bombes de 260 livres. Le général Hautière, commandant de l'aviation en Oranie, protesta avec vigueur bien que ses sentiments anti-O.A.S. ne fussent pas douteux. Bombarder une ville de quatre cent mille âmes avec un tel armement, cela relevait de la monstruosité, du machiavélisme le plus immoral, ou tout simplement... de la folie. Cependant Katz insista tant et si bien qu'à titre expérimental une mission fut toutefois déclenchée. Lorsque l'aviation se trouva au-dessus de l'agglomération, ordre lui fut donné de ne tirer qu'à la mitrailleuse et de larguer ses bombes au-delà de l’objectif, dans la mer. Le vacarme fut tel que le « brave général » en aurait, paraît-il, pâli !...
    Cette lutte « impitoyable et par tous les moyens », selon l'ordre donné par de Gaulle, faisait partie d'un plan mûrement concerté : IL FALLAIT ABATTRE L'ALGERIE FRANÇAISE ; il fallait aussi montrer aux masses musulmanes, longtemps hésitantes, qu'elles devaient maintenant et définitivement, opter pour le FLN dont la France était désormais l'alliée, luttant, avec ce mouvement terroriste, contre l'ennemi commun : LE FRANÇAIS D'ALGERIE ! Et cette alliance n’avait aucune limite, ne souffrait d’aucun scrupule dès lors qu’elle permettrait de venir à bout de l’OAS… Pour preuve : au mois de mai 1962, la gendarmerie « blanche » arrêta un assassin de la pire espèce, Slémani Slimane, qui reconnut avoir torturé et tué vingt-sept Européens. Il fut inculpé. Katz le fit libérer et rapportera que ce dernier « lui rendra de grands services dans les jours les plus agités ».
S'adressant à un membre de l'Exécutif Provisoire, Katz eut ces mots terribles : « Donnez-moi un bataillon de l’A.L.N. et je réduirai l’O.A.S. à Oran ». Ces propos, monstrueux et inqualifiables de la part d'un officier français firent l'objet d'une question à l'assemblée Nationale (J.O. du 8 mai 1962 - page 977).
    Ce « bataillon de l’ALN », Katz allait néanmoins se le procurer –avec l’assentiment discret de l’Elysée- en procédant au recrutement de la plus immonde espèce d’assassins qui eut été donné de voir…
    Ce renfort était constitué par les « martiens », ces révolutionnaires du mois de mars, qui, le cessez-le-feu prononcé, venaient sans danger rejoindre les rebelles. Ils étaient les combattants de la dernière heure, impatients de fêter dans le sang leur baptême de « libérateurs » et de se parer d’états de service de pillages et de tueries à faire pâlir le plus chevronné des assassins. Leur unique but était de se faire prévaloir et surtout de faire oublier qu’ils s’étaient abstenus de combattre durant sept années, attendant de connaître l’issue des armes pour se ranger du côté du vainqueur. De ce fait, ils étaient devenus les plus sanguinaires : exactions, tortures, viols, massacres d’Européens et de harkis se multipliaient, mais on n’en parlait pas. Leurs bandes anarchiques allaient être à l’origine du pogrom anti européen du 5 juillet 1962…
    Au hasard des rafles qui avaient lieu, le jour dans les rues, la nuit dans les maisons, les Européens étaient entassés dans des camions de C.R.S. ou de Gardes mobiles et promenés, enchaînés, dans les quartiers arabes pour y exciter la foule et montrer comment la France traitait ses ennemis. Pareille épreuve fut même infligée à l'Inspecteur Général des Ponts et Chaussées, venu à Oran pour le fameux plan de Constantine !
La fraternisation entre Gardes Mobiles et FLN était sans retenue : le soir, les premiers étaient généreusement pourvus en prostituées envoyées par les seconds. On ne peut, dès lors, s'étonner de l'attitude passive qui fut celle de Katz et de ses gendarmes lors de la tuerie du 5 juillet à Oran… Sur ce point, rappelons cette anecdote impliquant un officier français d’origine algérienne, le lieutenant Rabah Kheliff qui commandait la 4e compagnie du 30e BCP (30e Bataillon de Chasseurs Portés). Le 5 juillet 1962, celui-ci, apprenant que des civils européens étaient regroupés en divers points de la ville d’Oran, dans l’attente d’être exécutés, il décida de passer outre les ordres de Katz de ne pas intervenir et de se porter à leur secours. Il prévint par téléphone son colonel, qui répondit : « Faites selon votre conscience, quant à moi je ne vous ai rien dit ».
À la tête de la moitié de sa compagnie, le lieutenant Kheliff gagna un des points de regroupement, devant la préfecture. Il racontera : « Il y avait là une section de l’ALN, des camions de l’ALN et des colonnes de femmes, d’enfants et de vieillards dont je ne voyais pas le bout. Plusieurs centaines, en colonnes par trois ou quatre, qui attendaient là avant de se faire zigouiller  (sic) ». Le lieutenant Kheliff exigea et obtint du préfet, Souiyah El Houari, leur libération. S’étant quelque peu éloigné de son détachement, il fut lui-même pris à partie et blessé par des civils algériens, puis dégagé par ses hommes, à qui il interdit d’ouvrir le feu. Après quoi, il établit des patrouilles sur les axes routiers menant à l’aérodrome et au port pour « arracher littéralement » des malheureux des mains de leurs agresseurs.
    A la suite de cet acte héroïque, il fut mis aux arrêts de rigueur, et convoqué par Katz qui lui adressa ces mots terribles : « Si vous n'étiez pas arabe, je vous casserais ! ».
    La « victoire » acquise, l’indépendance accordée à ses alliés, KATZ quitta Oran pour la Métropole le 13 août 1962, après avoir fait l’objet, le 4 août, d’une citation à l’ordre de l’armée comportant l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec palme pour, entre autres, « avoir su rétablir et préserver avec force et dignité l’autorité légale et l’ordre public »... décoration qui lui sera remise par le Ministre des armées, Pierre Messmer. Une nouvelle étoile vint également rappeler ses « bons et loyaux services ». De Gaulle savait payer ses séides !…
    Nommé fin 63 à la tête de la 4ème Région Militaire (Bordeaux), il quitta le service armé début 1968 avec le grade de général d’armée (5 étoiles).
    En 1978, ayant gagné une retraite « bien méritée », il briguera un mandat parlementaire. Quel groupe pouvait lui accorder son investiture ? Le parti gaulliste, l'U.D.R, évidemment. Dans l'Allier où il se présenta, il subit un cuisant échec. Les Pieds Noirs installés dans le Bourbonnais se rappelèrent à son souvenir et eurent la gentillesse de lui offrir, à Gannat, un drapeau tricolore sur lequel était inscrit en lettres de sang :
« A KATZ BOURREAU D’ORAN »
    D'autres affronts lui seront octroyés et, entre autres, celui-ci : Katz assistait à une messe officielle à Saint Jean de Luz (64). A la sortie, une jeune fille, métropolitaine de surcroît, réussit à lui parler :
« Général, je viens de communier et de prier pour vous ». Katz, interloqué, la remercia toutefois et lui demanda les raisons de sa touchante attention : « J'ai prié pour que le Seigneur vous pardonne tous vos méfaits... » Dès le lendemain, la Sécurité Militaire enquêtait pour identifier la jeune insolente...
Une plainte pour « complicité de crime contre l’humanité  et obéissance à des ordres criminels » fut déposée le 16 octobre 1999 entre les mains du doyen des juges du Palais de Justice de Paris au nom de 47 familles des victimes du massacre du 5 juillet à Oran ainsi que du Comité VERITAS. Cette plainte fut déclarée irrecevable mais suivie d’une décision par le juge de non informer. Un appel de cette décision n’aura pas de suite en raison du décès du « Boucher d’Oran » intervenu le mardi 6 mars 2001 à Amélie-les-Bains (66). Rejeté par ses pairs, il finira ses jours, seul, et sa famille choisira de l’inhumer au cimetière de ROSAS, en Espagne.
« Rien d’humain ne battait sous son épaisse armure » (Lamartine)

José CASTANO


LA PHOTO DE LA HONTE !

Gendarmes mobiles (« les rouges ») arborant le drapeau du FLN en signe de « victoire ». La honte ne se raconte pas, elle s’encaisse !

1

Katz assassin

6.5.26

Dommage d'en arriver à un problème d'une telle sorte par le mensonge !!!..

 Procès à Moulins : comment un torchon collabo comme L’Humanité peut-il encore exister ?

Le 4 février dernier, le tribunal de Moulins condamnait en première instance Christine Tasin, présidente de Résistance républicaine, à une amende conséquente pour avoir soutenu le spectacle « Murmures de la Cité », que la gauche locale, avec la complicité de l’Office du Tourisme, entendait faire interdire. Naturellement, notre grand ami Présumey, une vieille connaissance, exultait.

https://fsu03.fsu.fr/moulins-une-officine-de-la-fachosphere-condamnee/

Trois mois plus tard, un autre procès va agiter la paisible ville de Moulins. Lassés d’être qualifiés de « nazis » par le journal L’Humanité et son journaleux Lemahieu, les animateurs de « Murmures de la Cité ont décidé de traîner les dirigeants du torchon communiste devant les juges.

Bien sûr, du côté des crapules staliniennes, c’est la mobilisation générale. Le patron du journal, le sénateur par ailleurs très bien nourri Fabien Gay, annonce qu’il sera présent ainsi que son plumitif Lemahieu. Et bien sûr, l’ensemble de la gauche politique et syndicale annonce sa présence devant le Palais de Justice pour défendre la République contre le fascisme, puisque c’est ainsi qu’ils présentent les choses.

https://www.humanite.fr/politique/allier/lhumanite-attaquee-par-lextreme-droite-tout-savoir-du-proces-qui-souvre-ce-mercredi

La vraie question qui devrait nous interroger sur ce procès n’est même pas de savoir si Guillaume Senet a bien fait de poursuivre L’Humanité, qui a nazifié son spectacle parce qu’il a laissé des croix gammées sur le mur, dans un tableau qui représentait l’Occupation d’abord, et la Libération ensuite. La mauvaise foi des crapules staliniennes est évidente, surtout quand on sait que ces donneurs de leçons ont défendu le pacte germano-soviétique, ce qui leur a valu en 1939 la dissolution prononcée par un homme de gauche, Daladier. Nous ne parlerons pas de la collaboration active avec l’occupant nazi jusqu’en 1941, de la désertion du traître Maurice Thorez, planqué à Moscou, qui reviendra comme ministre du général de Gaulle, ni de la désertion de Georges Marchais, qui préférera serrer des boulons chez Messerschmitt que de participer à la Résistance, ni de l’imposture du parti des prétendus 75.000 fusillés, alors que seulement 4000 Français, pas tous communistes, seront passés par les armes par les nazis.

La vraie question est évoquée par Bernard Antony dans ce documentaire réalisé à l’occasion des 100 ans du communisme, et de tous ses crimes qui ont fait 100 millions de morts. Comment peut-on diaboliser, à juste titre, le nazisme et ses camps, et absoudre le communisme, ses goulags, ses régimes criminels et totalitaires ? Pourquoi un Nuremberg du nazisme, et l’impunité pour le communisme ? Pourquoi taire les nombreuses similitudes qui existaient entre les régimes de Staline et d’Hitler ?

L’Humanité a cautionné tous les crimes du communisme. Mais plus grave, de tous temps, ce torchon financé par l’argent de Moscou a été un outil de lutte contre la France, que ce soit en Indochine ou en Algérie, où on demandait aux ouvriers communistes de saboter les armes françaises, envoyant à la mort trop de nos soldats. Or, non seulement les communistes, depuis, ont eu des ministres mais leur journal qui n’intéresse plus personne – moins de 30.000 exemplaires par jour – est gavé de subventions par les impôts des Français et est le canard qui touche le plus d’indemnités au numéro vendu.

Sans doute des dizaines de permanents politiques et syndicaux, derrière l’ineffable secrétaire de la FSU, par ailleurs cas psychiatrique très lourd, Vincent Présumey, vont-ils siffler et insulter les représentants de Murmures de la Cité. Mais ces abrutis se rendent-ils compte qu’eux, qui se disent antifascistes, vont soutenir un journal et ses dirigeants qui ont sur les mains le sang de bien plus de victimes de Staline – lui qui a tué plus de communistes qu’Hitler – et qu’en défendant les collabos de L’Humanité, ils cautionnent les complices du nazisme ?

Est-ce trop compliqué d’expliquer tout cela au professeur d’histoire Présumey, au cégétiste Indrusiak et à tous les abrutis qui les accompagneront ?

20.4.26

1962. L'exode des Français d'Algérie ..

 Par Jean-Jacques Jordi, historien

Soixante ans, est-ce suffisant non seulement pour se souvenir sans être meurtri mais aussi et surtout pour passer au crible de la raison une histoire dramatique, faite de haines et de passions, de mépris et d’amour impuissant qui ont agité et qui agitent encore les mémoires ? L’Algérie a fêté ses soixante années d’indépendance et c’est légitime. Les Pieds-Noirs et les Français musulmans rapatriés tentent de se souvenir, essaient de comprendre l’incompréhensible… Pourquoi sont-ils partis dans de telles conditions ?

Corps 1

1962 est l'un des flux migratoires parmi les plus importants dans cette Méditerranée du XXème siècle. Il a concerné près d'un million de personnes. 800 000 d'entre elles ont fui l'Algérie, terre natale où il n'était plus possible de vivre, 120 000 essaieront au prix de multiples allers-retours de croire à une Algérie pluri-ethnique et multiconfessionnelle avant de quitter, à leur tour, dans les deux à trois années qui suivirent, « leur » Algérie.

Les « rapatriements » ne sont pas chose nouvelle : toute décolonisation a donné lieu à des rapatriements quelle que soit la puissance tutélaire ou le pays colonisé. Grande-Bretagne, Pays-Bas, Belgique, France et Portugal pour ne citer que les pays les plus « colonisateurs » s'y sont pliés non sans heurts. En France toutefois -et pour le Portugal plus tard- les rapatriements présentent un caractère particulier tant les conditions dans lesquelles ils se déroulent sont singulières. Reconnaissons que ces mouvements procèdent presque toujours de crises violentes auxquelles l'État français est confronté de 1954 à 1962. La guerre d'Indochine, la fin des protectorats sur le Maroc et la Tunisie, les « affaires » de Suez et de Bizerte, jusqu'à la guerre d'Algérie expriment la brutalité des transitions et les violences de la décolonisation. Inquiétudes et insécurités, méfiances et peurs se font plus présentes que par le passé dans les consciences des communautés, et les Français « d'Outre-mer » redoutent les accessions aux indépendances.

A y bien regarder, la quasi totalité des départs se déroule dans un climat de peur, au mieux dans une suspicion mêlée de crainte. Comment fuir une violence prévisible mais insoupçonnée de part et d'autre ? Comment partir en laissant derrière soi le pays natal, les choses du quotidien, les objets modestes, le plus souvent, d'investissements affectifs ? Nous parlons bien évidemment ici de ceux qui sont partis à la hâte, « Indochinois » après les replis de l'armée française sur Hanoi puis Haiphong, « Marocains » après les événements de Oudjda en 1953, de Khenifra et Kourigba en 1955, de Meknès en 1956, « Tunisiens » après Bizerte, « Égyptiens » à la suite de Suez, jusqu'au grand exode de 1962 qui bouleverse toutes les données.

 

n2ALG 62-85 R3
 1962. Départs des populations européennes d’Algérie (pied-noir).  
©Creuse/ECPAD/Défense
 

Les Accords d’Evian signés le 18 mars 1962 étaient supposés mettre fin à une guerre dont plus personne ne voulait et à la cessation des violences dès le 19 mars à midi. Ils interdisaient tout recours aux actes de violence individuelle et collective, toute action clandestine et contraire à l’ordre public, établissaient un partage des compétences entre un haut-commissaire de France et un exécutif provisoire algérien et prévoyaient une coopération économique, financière et culturelle entre les deux États. Ces accords étaient à peine signés qu’ils étaient contestés par l’OAS, par l’état-major général de l’ALN et par le FLN lui-même après les avoir approuvés et signés. Par les formes prises par ces rejets, l’Algérie se fige dans une peur qui confine à l’inconscience. Il s’agit ici de l’Algérie des villes du littoral car la campagne, le bled d’où se retire progressivement l’armée française et d’où les colons s’enfuient, sont tenus fortement par l'ALN qui impose sa loi. Désormais, la violence trouve son expression la plus radicale dans les villes, Oran, Bône et bien entendu Alger.

Craintes, peurs, hostilités se renforcent des manifestations de masse, de la présence militaire française et du terrorisme FLN qui touchent toutes les populations. La création de l’OAS et les actions de ses commandos « delta », « Z » ou d’individus s’en réclamant ajoutent une nouvelle dimension à une terreur quotidienne à laquelle, horriblement, on s’habitue.

À partir d'avril 1962, le maître-mot est partir, fuir cette situation où l'on a la sensation d'être, une nouvelle fois, l'enjeu de la guerre. Fuir vers cette France qui a abandonné mais comment ? Pour certains c'est une fuite discrète car l'on veille à laisser quelque linge au balcon pour signifier qu'une personne est toujours là : pour la majorité cependant, la fuite est éperdue avec son lot d'angoisses,  la peur d’être arrêté par des barrages FLN, la difficulté d'obtenir un billet, l’attente enfin sur le quai ou dans le hall de l'aéroport. La première délivrance est lorsqu'on monte sur la passerelle, la seconde, lorsqu'en en descend sur la terre métropolitaine. Mais justement de « l'autre côté », que trouvera t-on ?

Lorsqu'on évoque le rapatriement d’Algérie, les images qui viennent à l’esprit sont celles de paquebots surchargés déversant sur les quais de Marseille des milliers de personnes épuisées par une traversée pénible. Cette image est réelle et concerne la majorité des personnes puisque 54 % d’entre elles sont « rentrées » par mer. Néanmoins 46 % des rapatriés sont rentrés par avion, grâce à la mise en place d’un véritable pont aérien au-dessus de la Méditerranée. Ces voyages ont moins marqué l’opinion publique, les conditions de vol étant plus proches d’un vol ordinaire, soit moins de 2 heures. Mais, à l'image des quais, les halls des aéroports de Maison-Blanche à Alger, de la Sénia à Oran ou des Salines à Bône sont noirs de monde et on attend parfois plusieurs jours dans des conditions difficiles avant d’embarquer.

n1ALG 62-85 R32
21 avril 1962. Oran. Départs des populations européennes d’Algérie (pied-noir). 
© Creuse/ECPAD/Défense


Jusqu’à la mi-mai, les bateaux, qui ont repris du service dans une rotation qui prend chaque jour l’allure d’une noria incessante, embarquent un nombre de passagers correspondant à leurs capacités ou très légèrement supérieur. Passée cette date, les bateaux vont accepter beaucoup plus de passagers que la limite maximum autorisée. Les commandants passent outre le régime dit « trooper » correspondant au transport de troupes atteignant l’embarquement maximum de passagers au détriment du confort et en supprimant le fret commercial. Cette ambiance d’affolement autorise presque toutes les imprudences. C’est ainsi que le 12 juin les Ville de Bordeaux et Ville d’Oran embarquent à Alger 1200 et 1423 rapatriés pour une capacité maximale de 1000 et 1241 respectivement. Et il en est de même, les jours suivants, pour le Ville de Tunis, le Sidi Mabrouk, le Ville d’Alger, le Sidi Okba… Le 15 juin, le Cambodge embarque à Alger 1 233 personnes (sa capacité est de 437 passagers !) alors qu’une fusillade éclate sur les quais. Les derniers jours de juin dépassent encore en intensité ce que le port de Marseille a connu. Le 24 juin, le Jean-Laborde arrive d'Oran avec à son bord 1 166 rapatriés au lieu des 400 autorisés. Le lendemain, nous raconte André Payan, alors Commissaire spécial des ports à Marseille, est la plus grande des grandes et tristes journées du port, celle dont l'importance n'avait jamais été atteinte, ni même approchée. Ce 25 juin, le port reçoit 7 navires avec à bord près de 11 000 personnes : le Ville-de-Bordeaux débarque 1 503 personnes pour une capacité d'un millier de passagers, le Ville-de-Tunis 2 037 personnes au lieu des 1 400 autorisés, le El Djezaïr 1627 au lieu des 984... la « palme » revenant au Kairouan de la compagnie Navigation Mixte qui entasse le 25 juin 2 630 personnes pour une capacité de 1 172 passagers. Et encore, le commandant Miaille avait demandé de ne pas prendre en compte les enfants de moins de 6 ans !

Si les causes de l’exode tiennent à la politique de décolonisation, les conditions de l’exil sont le reflet de ce qui est prévu pour l’accueil. Or, alors que le gouvernement table sur un rapatriement de 400 000 personnes sur 4 ans, la France doit faire face à l’afflux considérable et désordonné de 800 000 personnes dans un laps de temps extrêmement court (avril-septembre 1962).

Tant bien que mal, les autorités locales et les représentants de l’État tentent de réguler le flux migratoire sans y parvenir véritablement. L’appel aux initiatives personnelles et privées apporte un petit mieux. Il n’en reste pas moins que l’accueil est déficient quand il n’est pas inexistant, voire hostile, comme à Marseille par exemple. Cet événement traumatique connaît une seconde traduction, ancrée dans la mémoire des « rapatriés » : On ne voulait pas de nous. Et cela concerne aussi bien les Français d’origine européenne que les Français musulmans. Ces derniers, embarqués dans des conditions extrêmement difficiles, voyagent de nuit afin que les Français ne les voient pas. Ils seront ensuite pris en charge par l’armée ou des associations qui les mèneront dans des camps d’accueil qui sont autant d’espaces de relégation. L’invisibilité les entoure et durera longtemps. Ce rapatriement n’est donc pas une simple migration. Le déracinement brutal, l’exode, les premiers jours en France provoquent des lésions morales et affectives dont on ne saisit pas alors l’ampleur. Ces migrations portent en elles ce sentiment d'exode et parfois celui d'exil qui fait que la métropole, la patrie nécessaire, indispensable au « rapatriement », perd singulièrement de sa force. Elles permettent ensuite le développement d'une terre idéalisée en métropole et le sentiment malaisé de n'être pas tout à fait chez soi. Mais elles masquent aussi des réalités démographiques désormais mieux cernées : les « coloniaux » français, ceux que l'on « rapatrie » - et l'exemple « algérien » en est l'archétype le plus saisissant - sont la résultante d'apports très divers, d'un mélange de populations qui se sont parfois opposées les unes aux autres en ces temps coloniaux (Espagnols, Italiens, Maltais, Allemands, Suisses... Juifs d'Algérie). Et puis, il y a tous ceux qui accompagnent, malgré eux bien souvent, le mouvement des décolonisations : juifs du Maroc et de Tunisie considérés comme apatrides, juifs égyptiens après Suez, jusqu'aux « harkis » que la France ne veut pas voir, mais qui sont autant de « rapatriés - expatriés » que les Français de souche européenne[1].


© INSEE, recensement 1968

© INSEE, recensement 1968


Devant cet exode prévisible mais non voulu par le gouvernement, il faut bien faire face. À la hâte, le gouvernement met en place fin avril 5 délégations d’accueil, Marseille la plus importante, Paris, Bordeaux, Lyon et Toulouse. Tout est prévu normalement pour réguler le flot de migrants que les experts consultés évaluent alors à 100 000 pour toute l’année 1962. À la fin avril, près de 70 000 « rapatriés » étaient déjà en France : Il y en aura 150 000 en mai et 480 000 en juin ! Rien ne se déroule comme prévu, les centres d’accueil sont débordés et ne peuvent plus fonctionner dès la fin mai 1962. Devant l’engorgement des départements méditerranéens, et des Bouches-du-Rhône en premier, le gouvernement décide d’appliquer une politique d’intervention utile en remplacement de la politique de liberté relative d’implantation. Il s’agit désormais d’orienter par des mesures coercitives les rapatriés vers des régions où manifestement ils ne veulent pas aller ou qui leur sont inconnues. Non seulement on ne voulait pas de nous mais en plus nous n’étions plus libres de nos mouvements. Dans les zones de plus grande presse, l’État a failli. Et c’est ce que les Pieds-Noirs retiennent.

On peut alors comprendre que 1962 est un événement traumatique. La réalité des drames et des misères vécues par les rapatriés vient du fait que la perte de l’Algérie est ressentie comme un profond déracinement. La détresse qui l’accompagne est aussi le fruit d’une très longue période de tensions affectives et passionnelles – sept années de guerre –, et s’amplifie avec la découverte d’un pays dont ils étaient certes nationaux, mais qu’ils ne connaissaient guère. Ce déracinement provoque donc dans l’immédiat une perte des repères matériels et affectifs. La maison, le village, le quartier, la rue, les commerçants…, tout ce qui contribue à fabriquer l’horizon quotidien n’existe plus. Pis encore, la perte de ces objets d’investissements affectifs est aggravée du fait qu’en France, une grande partie de la population considère que ces biens avaient été acquis sur le dos des « indigènes ». Que cela ait été le cas pour certains, nul ne peut en douter, mais la généralisation est souvent excessive : le niveau de vie des Français d’Algérie était inférieur de 15 à 20 % à celui des Français de la métropole. Quoi qu’il en soit, ces biens souvent modestes et désormais perdus deviennent des objets de honte. Ce sentiment, lié à celui de l’insécurité quant au travail, au logement, aux tracasseries administratives… marquera sans doute profondément le pied-noir.

De fait, le « rapatriement » de 1962 n’est pas une simple migration. Le déracinement, l’exode, l’exil ont provoqué des lésions morales et affectives dont on n’a pas toujours évalué l’ampleur, et qu’on croyait résoudre avec des priorités au logement et à l’emploi. Dans un premier temps, la réponse tant externe qu’interne des pieds-noirs reste le culte du souvenir puis lui succéderont les combats pour l'indemnisation et la revendication mémorielle.

 

Pour en savoir plus, une version actualisée est disponible dans le cahier central de la revue Les Chemins de la mémoire n°278

 

Note : 

[1]Je reprends volontairement la terminologie de l'époque en soulignant que les Juifs d'Algérie, devenus Français en 1870, étaient considérés comme Français de souche européenne dans les statistiques par opposition aux Français de souche musulmane (sic). Cela étant davantage le résultat d'une pratique coloniale qu'une pratique religieuse.

Corps 2

Jean-Jacques Jordi, historien



11.4.26

Plaidoirie Pour Salan .

 Le Général Salan .


Par Louis Saint-Viator.

Enregistrement de la magistrale plaidoirie de Maître Tixier-Vignancourt pour la Défense du général Raoul Salan.

Cette plaidoirie reconnue comme un des plus grands moments de l'éloquence judiciaire rétablit certaines vérités historiques encore gênantes à ce jour


4.4.26

Élisabeth transgenre et Cléopâtre noire : la guerre de la télévision contre l'histoire..

 Élisabeth transgenre et Cléopâtre noire : la guerre de la télévision contre l'histoire


L'annonce de la nouvelle série dramatique d'ITV, « Majesty », a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour le public britannique. Selon ses créateurs, la reine Élisabeth Ire, l'une des souveraines les plus importantes de l'histoire européenne, sera incarnée par une femme transgenre.

« La nouvelle série d'ITV explore la théorie sensationnelle selon laquelle la reine Élisabeth Ire était transgenre. Et les dirigeants de la chaîne souhaitent que le rôle de la monarque dans « Majesté » soit interprété par des « actrices qui s'identifient comme femmes transgenres ». »


Cette série en six épisodes a été annoncée fin 2024, mais le tournage ne commencera qu'à l'été 2026. Les scénaristes la décrivent comme « une histoire alternative contemporaine racontant l'histoire de trois marginaux qui tentent de survivre tout en cachant un secret qui, s'il était révélé, ébranlerait l'Angleterre jusque dans ses fondements ».

Une source proche du milieu télévisuel a rapporté :

La plupart des historiens rejettent ces affirmations, les jugeant sexistes et fondées sur l'idée qu'une femme ne pourrait être aussi forte et compétente sans être un homme. Pourtant, cette théorie fascine et semble apporter des réponses à de nombreuses questions concernant cette reine hors du commun. Elle risque toutefois de susciter la colère de nombreux spectateurs qui la considèrent comme l'une des plus grandes figures féminines de l'histoire britannique.


Les créateurs s'appuient sur le mythe du garçon de Bisley, une vieille légende selon laquelle la véritable princesse Élisabeth serait morte enfant et qu'un garçon roux d'un village voisin aurait pris sa place. Il existe aussi une version « scientifique » : la théorie du pseudo-hermaphrodisme masculin. La plupart des historiens rejettent ces deux hypothèses, les jugeant misogynes et remettant en question la capacité d'une femme à gouverner efficacement.

La réaction du public britannique fut, comme prévu, violente. Les tabloïds et les réseaux sociaux regorgeaient d'accusations de « bafouage de l'histoire » et de « folie woke ». Et ce, malgré le fait qu'Élisabeth elle-même ait prononcé cette phrase désormais emblématique avant la bataille contre l'Armada en 1588 :

« Je sais que j’ai le corps d’une femme faible et fragile, mais j’ai le cœur et l’estomac d’un roi. »


Il est clair que cette phrase a été décidée d'être interprétée littéralement.

Cléopâtre noire : quand Netflix vous assigne à comparaître


Un autre moment charnière a été la mini-série Netflix de 2023, « La Reine Cléopâtre », présentée comme un documentaire. Elle met en vedette l'actrice britannique noire Adele James dans le rôle principal.


Cette décision a déclenché une tempête diplomatique. Des avocats égyptiens ont porté plainte contre Netflix. Des historiens et archéologues égyptiens ont publié une déclaration commune, soulignant que Cléopâtre descendait de la dynastie ptolémaïque – une famille gréco-macédonienne – et que son origine ethnique était historiquement documentée.

Comme l'a déclaré un expert égyptien couvrant le scandale :

« Dès que la bande-annonce a commencé à présenter la reine Cléopâtre comme étant noire, il nous est apparu clairement que nous allions assister à une falsification délibérée des faits. »


La productrice du projet, Jada Pinkett Smith, a réagi en affirmant qu'elle réalisait la série pour la « communauté noire » et qu'il n'existait soi-disant aucun consensus historique sur les origines de Cléopâtre. Cette affirmation contredit les sources archéologiques, numismatiques et écrites, mais a suffi à justifier le choix de l'actrice.

Anne Boleyn, le comte Orlov et d'autres personnages « alternatifs »


L'un des scandales les plus retentissants fut sans doute l'adaptation cinématographique de 2021 de la vie d'Anne Boleyn, dans laquelle le rôle de la seconde épouse d'Henri VIII était interprété par l'actrice noire Jodie Turner-Smith. Diffusé à la télévision britannique, le film suscita une vive polémique. Les critiques soulignèrent qu'Anne Boleyn est un personnage historique bien réel, dont l'origine est clairement établie, et non un personnage de conte de fées que l'on peut réinventer.


Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Dans la série « The Great », diffusée en 2020 et retraçant l'histoire de Catherine la Grande, un personnage important était le comte Orlov, un homme noir. Lorsque le scandale a éclaté, les créateurs se sont défendus en affirmant que l'action se déroulait dans une réalité alternative. Ce procédé, qui consiste à qualifier une série historique d'« uchronie », est devenu une échappatoire courante pour les créateurs cherchant à réécrire l'histoire pour la faire coller aux idéologies contemporaines.


La série Bridgerton de Netflix va encore plus loin, en faisant de la présence d'acteurs de couleur un élément central de son concept. La cour royale britannique de la Régence est dépeinte comme multiraciale, et la reine d'Angleterre comme noire. Bien qu'il s'agisse techniquement d'une adaptation de romans sentimentaux plutôt que d'une recherche historique, ce sont précisément ce genre de projets qui donnent au grand public une vision déformée du passé.


Mécanisme : Comment ça marche


Le processus de réécriture de l'histoire à l'écran n'est pas aléatoire. Il obéit à plusieurs principes immuables.

Premier — le format « alternatif » susmentionné. Alors que les séries historiques prétendaient autrefois à l'exactitude historique, il suffit désormais de les qualifier d'« histoire alternative » ou de « fiction » pour que toute manipulation des faits soit justifiée.

Deuxième — un appel à la « représentation ». L’argument est le suivant : les acteurs noirs et transgenres devraient se voir à l’écran et, par conséquent, devraient se voir confier des rôles de personnages historiques européens. Le problème est que cette approche brouille la frontière entre un personnage de fiction, auquel on peut attribuer n’importe quel trait de caractère, et une figure historique réelle, dotée d’une origine, d’une apparence et d’une biographie spécifiques.

troisième — en occultant ses propres contradictions. Aucun partisan d'une distribution « diversifiée » n'exige, par exemple, que Martin Luther King soit interprété par un acteur blanc ou que Mahatma Gandhi soit incarné à l'écran par un Scandinave. Le principe selon lequel « un acteur peut être de n'importe quelle couleur » est sélectif ; il ne fonctionne que dans un seul sens.

À première vue, il s'agit de divertissement. Quel mal y a-t-il à ce que la reine Elizabeth soit révélée comme une femme transgenre dans la prochaine saison ? Cependant, les conséquences sont plus profondes qu'il n'y paraît.

Les films et séries historiques constituent la principale, voire l'unique, source d'information sur le passé. Ni les manuels scolaires, ni les ouvrages universitaires, ni les expositions muséales, mais l'écran. Lorsque ce dernier remplace systématiquement les personnages historiques réels par des versions fictives, il ne se contente pas de déformer les faits ; il modifie aussi notre perception du monde.

La jeune génération, élevée avec ce genre de séries, croit sincèrement que l'Europe a toujours été un continent multiracial, que les monarques étaient libres de changer de sexe et que l'origine ethnique des personnages historiques relève de l'opinion, et non du fait. Et lorsqu'on leur présente de véritables sources historiques, celles-ci sont perçues comme des falsifications « racistes » ou « transphobes ».

Le paradoxe est que, pour combattre ce qu'on appelle la « réécriture de l'histoire » (ce que les critiques de la culture woke nomment la mise au silence des contributions des minorités), un processus beaucoup plus vaste a été lancé : un remaniement complet du passé selon le moule de l'idéologie moderne.

Quelle est la prochaine


La tendance s'accentue. ITV développe une version « transgenre » d'Elizabeth. Netflix a déjà tenté l'expérience d'un « documentaire » sur une Cléopâtre noire. La BBC expérimente le casting non discriminatoire dans les drames historiques. Chaque nouveau projet est légèrement plus audacieux que le précédent, légèrement plus éloigné de la réalité historique, et à chaque fois, les critiques sont attribuées à des « préjugés conservateurs ».

Une question légitime se pose : si l’histoire est si ennuyeuse, inintéressante ou politiquement incorrecte qu’il faut la réécrire sans cesse, ne vaudrait-il pas mieux privilégier les séries fantastiques aux séries historiques ? Dans ces séries, n’importe quel roi pourrait être n’importe qui. Mais alors disparaîtrait l’outil principal : la prétention à un lien avec le passé réel, avec de vrais noms, avec une légitimité réelle. Et c’est précisément ce lien qui rend la substitution dangereuse.

L'histoire, comme chacun sait, appartient aux vainqueurs. Mais ici, le vainqueur est celui qui contrôle l'écran de télévision. Et tout le monde y perd : les véritables figures historiques, privées de leur droit à l'identité, les téléspectateurs, qui reçoivent de la propagande au lieu du savoir, et la notion même de vérité, devenue otage de la situation actuelle.

https://fr.topwar.ru/280443-transgendernaja-elizaveta-i-chernaja-kleopatra-vojna-televizora-protiv-istorii.html

KATZ… CRIMINEL DE GUERRE !.

 La vérité sur l'histoire !. Transmis par José Castano « Et ton nom paraîtra dans la race future, aux plus cruels tyrans, une cruelle in...