3.10.25

Oui, les Accords d’Évian furent une infamie !.


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« De l’Algérie, on ne guérit jamais » (Albert Camus).

Avant-hier, j’ai écrit un article pour dire que la cérémonie d’hommages à nos morts d’Afrique du Nord, le 5 décembre, était à mes yeux une sorte d’anti 19 mars. Un de mes lecteurs ne comprend pas « cette fixation sur le 19 mars qui est une cérémonie officielle et qui concerne une période que les Français ont oubliée ». Si les Français veulent l’oublier, c’est leur droit, mais les Algériens, eux, s’en souviennent et apprennent à leur jeunesse à détester la France. C’est pour ça que, tous les ans, je me fais un devoir moral, une obligation, de dénoncer ce qui est, à mes yeux, une félonie, une trahison et une infamie. En effet, est-ce la posture d’une nation digne de ce nom que de célébrer une défaite ; que de fêter la perte d’un morceau de son territoire ; que d’accepter qu’une ancienne terre française nous insulte dans son hymne national ? Ceci me parait inacceptable, et pourtant on l’accepte !
Pour se donner bonne conscience, certains diront que la guerre d’Algérie était militairement gagnée. Certes mais l’Algérie française a été volontairement perdue par le gouvernement français.

Le 18 mars 1962, De Gaulle déclarait : « Il faut que la France, dans sa masse, approuve ce qui vient d’être accompli en son nom ». L’homme qui, dans ses discours d’avant et après le 13 mai 1958, affirmait que l’Algérie devait rester partie intégrante de la France, qui martelait que notre pays allait « de Dunkerque à Tamanrasset », avait menti aux Français, de métropole et d’Algérie, uniquement pour pouvoir revenir au pouvoir après une longue traversée du désert de douze années.
On avait semble-t-il oublié son discours à Brazzaville, le 8 février 1944, dans lequel il affirmait la nécessité d’engager nos colonies « sur la route des temps nouveaux » et déclarait : « En Afrique… comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n’y aurait aucun progrès si les hommes, sur leur terre natale, n’en profitaient pas moralement et matériellement, s’ils ne pouvaient s’élever jusqu’au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C’est le devoir de la France de faire en sorte qu’il en soit ainsi ».

Hélas, trois fois hélas, les Français ont la mémoire courte ! En 1962, De Gaulle voulait en finir définitivement avec notre Empire colonial, qu’il considérait comme un boulet, pour se tourner vers une France réduite à l’hexagone, au sein d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural ».
1960 aura été l’année charnière dans la grande braderie de notre Empire. Après la Guinée rebelle – indépendante par vote majoritaire de ses habitants depuis le 2 octobre 1958 – ce sera le tour du Cameroun (1er janvier 1960), puis c’est tout notre Empire africain qui va suivre. Indépendance du Togo (27 avril), du Dahomey (l’actuel Bénin, 1er août), de la Haute-Volta (l’actuel Burkina-Faso, 5 août) du Niger, (5 août également), de la Côte d’Ivoire (7 août) du Tchad (11 août), de l’Oubangui-Chari (République Centre-Africaine, 13 août), du Moyen-Congo (Congo-Brazzaville, 15 août), du Gabon (17 août), du Sénégal (20 août), du Soudan français (Le Mali, 22 septembre), de la Mauritanie (28 novembre), de Madagascar enfin (14 décembre). Deux ans plus tard, ce sera le tour de l’Algérie.

Juste avant, la « Communauté Franco-africaine » était officiellement créée le 28 septembre 1958, avec l’adoption par référendum de la Constitution de la Ve République. On peut comprendre, expliquer, justifier, le fin de notre Empire et la nécessité de décoloniser, mais fallait-il le faire « à la hussarde », pour céder à la pression de l’URSS et des Américains ? À mon humble avis, non !
Pour l’Algérie, le bradage est encore plus critiquable car l’Algérie française c’était, jusqu’en 1955, trois départements français : Alger, Oran et Constantine (1). Alger était alors la deuxième ville de France ; Oran, la cinquième. De plus, nous venions de trouver des gisements de gaz et de pétrole au Sahara qui garantissaient notre autosuffisance énergétique pour longtemps.
On aurait pu quitter l’Algérie honorablement, en conservant des liens amicaux solides et des accords commerciaux honnêtes pour les deux parties. Dans ce beau pays, nous avions tout construit durant 132 ans : les infrastructures, les routes, les ports, les hôpitaux, les écoles…
Mais, avec les funestes Accords  d’Évian, De Gaulle a cédé à toutes les exigences du FLN et lui a accordé tout ce que les dirigeants de la IVe République avaient toujours refusé : l’abandon d’une population qui voulait rester française. La France métropolitaine, lassée de voir « le p’tit gars du contingent » risquer sa peau en Algérie, a suivi son grand homme.

Elle couvrait ainsi, par sa lâcheté, le génocide qui se préparait. Chez les « Pieds-noirs », ce n’était que désespoir et consternation, tandis que du côté du FLN, on triomphait, on pavoisait. Pour le président du GPRA (2), c’était « une grande victoire du peuple algérien ! ». Les partis politiques, de droite, du centre et de gauche, s’attribuaient le mérite d’avoir mis fin aux « opérations de maintien de l’ordre en Algérie ». À gauche, on y voyait la réussite d’une politique antinationale qui, en d’autres temps, leur aurait valu douze balles dans la peau pour haute trahison. Les « porteurs de valises » au profit du FLN fanfaronnaient et se prenaient pour des héros alors qu’ils n’étaient que des traîtres, tandis que, dans le camp gaulliste, on clamait que « l’homme du 18 juin » était une nouvelle fois le sauveur de la patrie. Nous savons qu’en France on aime les héros et que les mythes ont la vie dure !
Les bidasses du contingent applaudissaient à la perspective de rentrer chez eux : « La quille, bordel ! » était leur cri de guerre (ou plutôt leur cri… de paix… ou de défaite ?).
À la Sorbonne, pour célébrer « la grande victoire du FLN », les gauchistes de l’UNEF ornaient la statue de Pasteur d’un drapeau du FLN. Leurs descendants brandissent des drapeaux palestiniens. Décidément rien ne change vraiment dans ce pays ! Ou plutôt si, tout s’aggrave et s’accélère !

Le FLN assurait que le bonheur et l’abondance naîtraient du départ des Français ; on connait la suite. Et le sinistre Fouchet disait aux Européens d’Algérie : « Ne suivez pas les mauvais bergers… Vos vies et vos biens seront préservés!… Ce cessez-le-feu, c’est la conséquence d’une victoire ! ».
De Gaulle avait pourtant déclaré : « Les Algériens ne sont pas tous des musulmans, encore moins des arabes ». Il aurait fallu, alors, créer une Algérie nouvelle en tenant compte de toutes les origines. Or, il avait volontairement négligé les « Pieds-noirs » qu’il n’aimait pas car ils incarnaient à ses yeux l’Armée d’Afrique, cette « Armée du maréchal » voulue par Weygand et mobilisée par Giraud après le débarquement allié en Afrique du Nord du 8 novembre 1942. De Gaulle avait la rancune tenace. Aucune association, aucun groupement de « Pieds-noirs » ne fut associé ou même convié aux débats d’Évian qui devaient, en théorie du moins, poser les bases de l’Algérie future.

Les Accords d’Évian sont, en fait, des accords… unilatéraux et des déclarations d’intention qui, bien sûr, ne seront pas respectées par le FLN. Qui se souvient, par exemple, que le 11 août 1961, en pleine négociation entre la France et le FLN, à Tunis, deux soldats français, Clotaire Le Gall et Michel Castera, avaient été condamnés à mort par un tribunal de l’ALN ? De Gaulle avait aussitôt gracié dix terroristes comme l’exigeait le FLN. Le lendemain, les deux Français étaient malgré tout exécutés. Et l’évêque d’Alger, monseigneur Léon-Etienne Duval – surnommé « Mohamed  Duval »  – s’était opposé à ce qu’une messe soit dite en leur mémoire à la cathédrale.
Après la signature des Accords d’Évian, tout s’est emballé : des milliers de civils sont tombés sous les coups du FLN ; des centaines de soldats sont morts pour rien au cours d’une trêve absurde (que seuls les Français respectèrent) ; notre Armée était cassée, brisée, écartelée. Des officiers – souvent des héros – traduits devant des tribunaux d’exception, des hommes et des femmes torturés, des enlèvements (3), des arrestations arbitraires, des polices parallèles – les « barbouzes » – lâchées comme une meute de chiens courants contre les défenseurs de l’Algérie française.

On a reproché, à juste titre, aux Allemands, d’avoir créé une « Gestapo française » avec des flics véreux et des truands libérés ; les plus sinistrement célèbres étant Pierre Bony et Henri Laffont, fusillés tous les deux à la libération (4). Mais pour lutter contre les partisans de l’Algérie française, le pouvoir gaulliste a fait pareil : chez les « barbouzes », on retrouvera les truands Jo Attia et Georges Boucheseiche, d’anciens acolytes de Pierre Loutrel dit « Pierrot le fou ». Encore un détail oublié (ou volontairement occulté) de cette fin tragique de l’Algérie française !
Les Accords d’Évian ont été signés le 18 mars 1962. Le référendum du 8 avril 1962 les ratifia : près de 90 % de « oui », un record digne d’une république bananière. Quelques jours plus tard, le FLN défilait, triomphant, dans Alger. La France perdait des départements – riches grâce aux colons – qui étaient français avant le comté de Nice ou la Savoie. Elle y perdait aussi son honneur !
L’Algérie indépendante ne respectera RIEN des pseudos  Accords d’Évian.
Durant l’été 1962, c’est un million (5) de rapatriés qui débarqueront à Marseille, cette ville cosmopolite dont le maire socialiste, Gaston Deferre, les reçoit comme des chiens.

Ne croyez pas, naïvement, que cette histoire fait partie du passé, que la page est tournée, qu’il faut l’oublier et se tourner vers l’avenir, car l’Algérie, elle, n’oublie rien et rêve d’une revanche.
Quand Macron qualifie l’œuvre française en Algérie de « crime contre l’humanité », quand il rend visite à la veuve du traître Audin, quand il fait fleurir la tombe du terroriste Larbi Ben M’hidi, quand il rend à l’Algérie le sabre de l’émir Abdelkader… bref quand il salit le pays qui l’a élu, l’Algérie, par la voix de son président, Abdelmadjid Tebboune, lui répond en faisant réintroduire un couplet antifrançais dans son hymne national et en mettant en prison l’écrivain Boualem Sansal.

L’Algérie actuelle compte 45 millions d’habitants et la moitié de sa population a moins de 25 ans. Cette jeunesse apprend, dès l’école, à détester la France. Mais des accords iniques, qui datent de 1968 (et auraient dû être dénoncés depuis longtemps), favorisent la venue en France de ces jeunes qui, plutôt que de crever de faim dans leur pays, viennent chercher chez nous le gite et le couvert.
Ajoutons à ceux-là les Français par le Jus Solis, ces Franco-Algériens qui se disent (presque tous) « algériens avant d’être français » et qui sont le fond de commerce des islamo-gauchistes de LFI. Petit à petit, une « cinquième colonne » se met en place chez nous. Les naïfs qui pensent que nos problèmes avec nos anciennes colonies en général, et avec l’Algérie en particulier, sont derrière nous n’ont rien compris à ce qui est en train de se jouer. Accessoirement, ils n’ont rien compris non plus à la stratégie de Mélenchon. Ils veulent se persuader que ce type est un fou furieux discrédité par ses foucades et ses rodomontades de matamore. Il n’en est rien : le tonitruant patron des insoumis sait exactement ce qu’il fait et où il va, contrairement à la plupart de nos politiciens.

Pour conclure, l’honnêteté m’oblige à dire que c’est à Emmanuel Macron – qui a osé qualifier la présence française en Algérie de « crime contre l’humanité » – que je dois d’avoir écrit, en guise de droit de réponse, mon livre « Hommage à NOTRE Algérie française » (6). Il m’aura permis de rectifier certaines des allégations fallacieuses de l’ancien trotskiste Benjamin Stora qui passe pourtant pour un spécialiste de l’histoire de la colonisation française en Algérie. Semper fidelis…

Eric de Verdelhan

1) – Trois départements, puis quinze ramenés à douze au moment de l’indépendance, le 5 juillet 1962.
2) – GPRA = Gouvernement Provisoire de la République Algérienne
3) – Lors de la déclaration d’indépendance, on estimait à plus de 3000 le nombre d’Européens (civils) détenus par le FLN et dont on n’entendra plus jamais parler.
4) – Pierre Bony avait été surnommé « meilleur flic de France » par la presse d’avant-guerre. Henri Chamberlain, dit Laffont, était un voyou, un truand un peu proxénète sur les bords.
5) – Au final, c’est un million et demi de « Pieds-noirs » qui quitteront l’Algérie mais tous n’iront pas en métropole. Certains choisiront Israël, l’Espagne, les États Unis…
6) – « Hommage à NOTRE Algérie française » publié chez Dualpha en 2019

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