14.8.26

Ne parlez pas de la traite des noirs par les arabes. Trop lourd à porter par les jeunes des quartiers !

 

Le titre de cet article résume la réponse de Christiane Taubira, alors Garde des Sceaux, aux députés qui lui reprochaient d’exclure l’esclavage arabo-musulman de sa loi mémorielle sur l’esclavage, crime contre l’humanité !

On devait comprendre que les jeunes Français de souche pouvaient endosser la responsabilité des crimes de leurs ancêtres, mais pas les jeunes Arabes vivant en France.

Un tel deux poids deux mesures est-il acceptable dans une démocratie ? Certes pas, mais il y a longtemps que la France n’est plus une démocratie !

Voici un article de Causeur qui dénonce l’exploitation de l’esclavage par la gauche :

Quand la mémoire de l’esclavage
devient un instrument politique

Alors que des pays africains réclament à l’Europe réparations et compensations, une question dérangeante reste soigneusement à l’écart : qui assume les responsabilités africaines et arabo-musulmanes dans les traites esclavagistes ? À force de chercher des coupables en Europe, la mémoire finit par oublier que l’histoire de l’esclavage fut tout sauf un récit à sens unique.

La journée restera historique pour la majorité des pays africains représentés à l’Assemblée générale des Nations unies (ONU). Le 25 mars 2026, une résolution portée par le Ghana a été adoptée par 123 voix pour, 3 contre, et 52 abstentions. Le texte reconnaît désormais la traite transatlantique des esclaves comme le « crime le plus grave contre l’humanité » et appelle notamment à engager une réflexion sur les réparations.

Dans la foulée, une conférence réunissant des États africains et caribéens à Accra, en juin, a adopté un plan en 19 points prévoyant notamment des excuses officielles, complètes et inconditionnelles, des compensations financières pour les populations africaines et afro-descendantes, la création d’un fonds mondial pour les réparations, l’allégement, voire l’annulation, de certaines dettes des pays concernés. 

Le document paraphé par tous réclame également la restitution d’objets culturels, d’archives et de restes humains présents dans les musées occidentaux, le financement de mesures liées à la justice climatique, des dispositifs spécifiques en faveur des femmes et des jeunes filles victimes de l’esclavage, ainsi que des mécanismes facilitant le retour de membres de la diaspora africaine en Afrique et, dans certains cas, leur accès à la citoyenneté.

Si le document officiel ne donne de montant précis, ni ne dresse de liste nominative de pays appelés à payer, les revendications visent explicitement les États et institutions ayant bénéficié de la traite transatlantique et de ses héritages. De facto, les anciennes puissances européennes se trouvent au premier rang des nations concernées pour avoir participé à l’organisation d’un système de déportation massif, brutal et fondé sur la réduction de populations africaines en esclavage, dont les économies européennes et américaines ont également tiré profit.

Mais une question dérangeante mérite d’être posée – et qui, curieusement, semble encore peu présente dans le débat médiatique :

pourquoi la facture devrait-elle incomber exclusivement aux pays européens ?

Le commerce triangulaire, une pluralité d’acteurs

Une première précision historique s’impose. Les Européens n’ont pas inventé l’esclavage. Celui-ci existait en Afrique bien avant leur arrivée, comme dans le monde méditerranéen, au Moyen-Orient, en Asie et dans de nombreuses autres régions. Pour autant, cette réalité ne saurait minimiser la responsabilité des puissances européennes : la traite atlantique a profondément transformé l’ampleur, l’organisation et la logique économique du phénomène. 

Les historiens estiment qu’environ 12,5 millions de captifs furent embarqués depuis l’Afrique dans le cadre de la traite atlantique, dont près de 10,7 millions survécurent à la traversée jusqu’aux Amériques.

Mais le système ne reposait pas sur des expéditions européennes sillonnant seules l’intérieur du continent africain à la recherche de captifs.

Les négociants européens dépendaient largement de réseaux africains pour leur approvisionnement.

Comme l’ont montré de nombreux travaux historiques, des captifs étaient conduits vers les comptoirs côtiers après avoir été faits prisonniers lors de guerres, de razzias ou de raids, puis vendus à des négociants européens.

Cette réalité ne diminue en rien la responsabilité des négriers européens de cette époque. Elle rappelle simplement que la traite atlantique fut un phénomène historique impliquant une pluralité d’acteurs et qu’il serait réducteur de présenter l’histoire comme un face-à-face entre une Europe exclusivement bourreau et une Afrique exclusivement victime.

La question de l’esclavage, un paradoxe africain

Bien avant que le toubab (« blanc », en dioula) ne débarque en Afrique, de nombreux royaumes africains avaient déjà institutionnalisé cette pratique. 

Le royaume du Dahomey, situé dans l’actuel Bénin, constitue probablement l’un des exemples les plus embarrassants pour une lecture manichéenne et décolonialiste de l’histoire. Les travaux de l’historien Robin Law montrent que la montée en puissance du royaume fut étroitement liée à l’expansion de la traite. Cette monarchie participa directement à l’organisation de l’approvisionnement. Dans un premier temps, les rois s’appuyèrent notamment sur les captifs issus des razzias menées par l’armée puis à partir du XVIIIe siècle, le royaume devint également un intermédiaire entre les marchés de l’intérieur et les négociants côtiers, accumulant richesse et influence.

Le paradoxe est saisissant : un État africain pouvait tirer une partie de sa puissance du commerce d’autres Africains réduits en esclavage. Faut-il pour autant demander aujourd’hui au Bénin de « rembourser » les descendants des victimes ? La question montre immédiatement la difficulté du principe. 

Le Bénin contemporain n’est pas le royaume du Dahomey et ne peut pas être juridiquement confondue avec la monarchie précoloniale. Mais si l’on refuse cette responsabilité au Bénin parce que l’État actuel n’est pas l’État historique, alors il faut expliquer pourquoi ce même raisonnement ne pourrait pas être invoqué pour les États européens contemporains.

Un continent, constellation de royaumes esclavagistes

Une autre simplification présentée par les partisans des réparations consiste à parler de « l’Afrique » comme si le continent avait été une communauté politique unifiée confrontée à l’Europe.

C’est anachronique !

Les sociétés africaines étaient constituées de royaumes, empires, cités, chefferies et communautés qui se faisaient la guerre. Un coup d’œil rapide à leur histoire démontre que des populations étaient capturées par d’autres populations sur la simple base de domination d’un royaume sur un autre, dans le but de les coloniser (ainsi que le fera l’Empire de Sokoto ou le royaume zoulou). Certaines étaient vendues, d’autres intégrées aux sociétés esclavagistes locales, d’autres encore envoyées vers les côtes. L’Empire Ashanti (ironiquement dans le Ghana actuel), l’Empire d’Oyo ou les monarchies Haoussas (au Nigeria), l’Empire du Kongo (Angola), le sultanat de Zanzibar (Tanzanie) ou certains royaumes et chefferies du bassin du lac Tchad (dont le Kanem-Bornou) ont indéniablement participé au commerce des esclaves, parfois vendus aux états barbaresques de l’Afrique du Nord.

Les Africains furent à la fois victimes, captifs, intermédiaires, résistants, marchands et parfois propriétaires d’esclaves. Il n’existe donc pas une « responsabilité africaine » collective mais bel et bien des responsabilités historiques africaines. La nuance est capitale.

La traite arabo-musulmane, le sujet qui fâche

Voici un autre sujet qui disparaît presque complètement du débat public. Pendant des siècles, les États barbaresques – Alger, Tunis, Tripoli et le Maroc – pratiquèrent la course maritime contre des puissances chrétiennes.

Les captifs chrétiens pouvaient être vendus comme esclaves en Afrique du Nord, selon un système de captivité et de mise en esclavage des chrétiens dans les États barbaresques. Le phénomène a laissé une littérature considérable de témoignages de captifs européens. L’étude de Bernard Capp sur les captifs britanniques dans les États barbaresques montre notamment comment ces prisonniers étaient confrontés à la servitude, aux conversions forcées ou négociées et à la question de leur identité religieuse. 

Faut-il donc demander aujourd’hui à l’Algérie, à la Tunisie, à la Libye ou au Maroc des réparations à l’Europe ? Si l’on adopte un principe général de responsabilité historique des États contemporains pour les crimes commis par leurs prédécesseurs, la question peut légitimement encore être posée même elle rencontre exactement le même obstacle : les États actuels ne sont pas juridiquement identiques aux régimes qui les ont précédés.

L’Europe a produit des esclavagistes, mais l’Afrique également. Si les puissances européennes ont capturé, transporté et exploité des millions d’hommes, des royaumes africains ont eux aussi capturé, vendu et exploité des populations voisines. Si les négociants et les États européens ont tiré d’immenses profits de la traite, certains souverains, États et marchands africains se sont également enrichis grâce au commerce des captifs. Enfin, si les puissances européennes ont progressivement aboli la traite et l’esclavage, certaines autorités africaines résistèrent à leur suppression, précisément parce que l’esclavage constituait encore un pilier de leur puissance économique, sociale et politique. 

Encore aujourd’hui, certains pays africains pratiqueraient un esclavage de fait comme en Mauritanie, régulièrement accusée par des ONG de continuer à réduire à la servitude les Haratines noirs, bien que l’esclavage ait été officiellement aboli en…1981, ou plus récemment en Libye comme l’a montré un documentaire effarant de CNN sur le sujet en novembre 2017.

Reconnaître les crimes de la traite européenne est nécessaire. Mais la justice historique ne peut être à géométrie variable. Demander à l’Europe de regarder son passé est légitime ; exiger qu’elle le fasse seule ne l’est pas. Si les réparations doivent devenir un principe universel, alors chaque société doit avoir le courage d’assumer sa propre histoire, y compris ses zones les plus sombres. L’Europe doit regarder ses négriers en face ; l’Afrique, ses royaumes esclavagistes ; le monde arabe, les traites transsahariennes et orientales. 

Certains dirigeants d’Etats devraient méditer sur cette réflexion afin d’éviter de tomber dans une repentance à tout-va ou de formuler des demandes de compensation exagérées en tout genre : sans cette exigence d’universalité et de recontextualisation, la mémoire risque de devenir moins un devoir de vérité qu’un instrument politique.

Frédéric de Natal pour Causeur.

4.8.26

Que reste-t-il de la conquête de l’ouest ?

Yellowstone répond..

 Les cowboys se sont largement sédentarisés. Les Indiens aussi. Les citadins déconnectés de la nature, l’idéalisent. Tous s’affrontent. Les premiers vivent la fin d’un monde glorieux. Les seconds tentent de perpétuer leur culture au-delà du folklore. Enfin, les 3ème sont les envahisseurs modernes, qui à coup de tourisme et de béton, guerroient contre les deux autres. Nous sommes au milieu de la campagne, vu par la campagne. Jésus en est absent. Pacha mamma s’affronte à mammon.

Une fresque familiale païenne, centrée sur des sortes de gilets jaunes, il fallait oser. Seuls les usa et un Kévin Costner habitué aux entreprises cinématographiques les plus folles, pouvaient faire naître un tel film et se raconter ainsi. Pourtant les thématiques de cette production portent au-delà du seul contexte américain. Dans cette série, il y a comme un relent de chronique de fin de civilisation agricole. Un monde est en train de disparaître mais lutte pour sa survie. Le combat est déséquilibré, comme il l’a toujours été entre les puissants les petits. Faut-il s’adapter, à quel point, et comment ? Sommes-nous condamnés à la délocalisation des secteurs les moins rentables et les moins innovants pour devenir des hommes sojas ?

La réponse de Kévin Costner est toujours la même dans sa filmographie : la solution passera par un métissage et un retour tribal et païen. Il attend la fin du monde qu’il préfère à la perpétuation de celui-ci. Ou plutôt, il espère durer assez longtemps pour que ce monde et ses évolutions disparaissent. En cela, il n’arrive pas à se débarrasser d’une tendance à la puérilité, si américaine. Lucide sur les évolutions de la modernité, en même temps, il idéalise le sauvage, se fixant pour objectif de survivre en prenant exemple sur lui, et en s’organisant le plus loin possible de la civilisation. Et les femmes suivent ! Comme si elles n’étaient pas les premières à bénéficier de la ville et d’un environnement moins rude…

Si cette série échoue à nous faire envisager des perspectives de survie réalistes en occident, par contre elle nous offre une peinture très exacte de la vie rude de la campagne, et des relations qu’elle entretient avec la ville. Le citadin s’imagine pouvoir déléguer sa sécurité alimentaire à l’étranger, comme il a délocalisé les usines en chine à partir des années 80. Il déteste celui qui produit la viande parce que cette viande est le symbole d’un comportement avide qu’il identifie au mal, et qui autorise la destruction d’une nature de laquelle il est complètement déconnecté. Dans la nature, la lutte pour la viande est pourtant omniprésente. Le citadin aime la nature par exotisme, comme d’un objet qui lui échappe complètement, et qui pourrait le sauver de sa vie « évoluée » qu’il pressent misérable.  

Et encore, les actions de cette série prennent place dans un pays où l’agriculture extensive est encore permise. En europe, ces problèmes se posent à nous puissance 10, à cause de l’exiguïté de notre territoire et de la densité des populations. Chez nous, il y a bien longtemps que les agriculteurs doivent faire mieux, sur un plus petit territoire, et qu’ils doivent composer avec les populations citadines proches d’eux. Les problèmes sont pourtant les mêmes : obligations environnementales parfois injustes ou brutales, pression de l’immobilier sur les terres agricoles, disparition des cultures locales, mécanisation inhumaine, destruction des structures familiales etc…

L’originalité de cette série, consiste encore à nous présenter les sauvages, du point de vue des sauvages, démarche chrétienne s’il en est, et même comme si je l’ai déjà évoqué, il y a une volonté de retour à un archaïsme païen. En cela, beaucoup de répliques sont percutantes et font passer le message : le citadin se croit meilleur que ceux qui le nourrissent. Il est une plaie.

A part pour le jeu de Kévin Cosner l’avant dernière saison, cette oeuvre n’a reçu aucune récompense cinématographique aux usa, et ceci malgré son succès auprès du public. Il faut comprendre que même si cette série est exceptionnelle, les citadins de new-york ou de los angeles, les « Californiens », en prennent pour leur grade régulièrement au fil des épisodes. Ils fuient un monde citadin pour mieux le reconstruire là où ils achètent leurs maisons secondaires. Les colons sont colonisés par leurs frères, et l’ont mauvaise. En retour, le citadin new-yorkais est rétif à récompenser la critique qui lui est faite, aussi brillante soit-elle. 

Kévin Costner ne fuit pas l’affrontement. La colonisation est une plaie béante dans l’histoire des usa, et pour la résorber, il faut créer une alliance avec les autochtones face au nouvel envahisseur bourgeois. Du gilet jaune dans le texte, je vous dis, soutenu par Mme Bouteldja quand les Indiens s’en mêlent.

La « diversité » est représentée encore autrement. Les négros, les simili lesbiennes sont aussi présents dans la campagne américaine qu’en ville, mais ils ont une place, tout comme dans nos campagnes françaises. A l’inverse, la ville, qui a la prétention d’être « inclusive », n’intègre plus. Ainsi cette série montre toute l’hypocrisie du discours progressiste. Il y de la place pour tous à la campagne, pour peu que les individus acceptent de se conformer aux conditions rudes d’existence qui la caractérisent. Elle fabrique aussi des personnalités fortes. Au contraire, les pédés de la ville sont moqués comme autant de dégénérés féminisés qui survivent parce qu’ils sont « faibles ». Dans notre modernité, le plus faible survit et le monde tourne à l’envers. Kévin Costner le dit explicitement à travers son personnage. 

En étudiant l’histoire de plus près, cette tension entre ville et campagne a toujours été présente et identique depuis que notre civilisation agricole est née. Cette série ne va pas jusqu’à le comprendre. Toutefois, elle ne manque pas de profondeur sur bien d’autres sujets : les tensions familiales dans la fratrie, la fille à papa, l’adoption, le métissage, le rôle de la violence dans les relations sociales, la trahison, la faiblesse humaine, la jalousie, la colère, la fragilité, la faiblesse derrière des apparences de force, la transmission du patrimoine… Et pour celui qui aime les animaux, particulièrement les chevaux, quel bonheur ce doit être. 

Ainsi, il s’exhale de cette série une image de la force assez vraie, incarnée trop souvent par des femmes, niaises ou méchantes, mais réelles. Nous y voyons des individus féminins plus proches de celles que nous rencontrons au quotidien. Les scénaristes ne vont pas jusqu’à envisager leur influence néfaste sur la couillemollisation qui nous touche. Mais c’est déjà un progrès.

Par exemple, c’est la fille du patriarche qui le défend le plus efficacement. Ses 3 autres garçons sont faibles, paumés ou simplets. Ils ont beau avoir été militaires, savoir faire le boulot de cowboys ou avoir atteint le haut de la hiérarchie sociale, ils sont considérés comme inaptes à reprendre la propriété. D’ailleurs, personne ne le veut vraiment. Symboliquement, le seul fils qui aurait pu perpétuer la tradition est tué dans un affrontement avec les Indiens dès le début. Il personnifie cet affrontement stérile qui a eu lieu dans les décennies passées et qui ne mène à rien, dont il va falloir sortir.

Les dualités sont bien articulés, symboliques et profondes : autochtone contre colon, Américain contre Indien, passé contre futur, hommes contre femmes, soeurs contre frères, enfant naturel et enfant adopté, civilisation contre nature, progrès contre stabilité… tout pourrait donner lieu à des analyses philosophiques poussées et à des thèses. 

Pour en revenir aux aspects spécifiquement sexués, ce patriarche décrit comme viril, ne tenait que grâce à sa femme. L’ayant perdue, il a dévié, jusqu’à devenir inhumain. Par un long travail de reconstruction, il réussira à rassembler sa famille pour un temps, mais sera condamné à ne pouvoir transmettre son « patrimoine » dans un monde dont l’évolution le condamne. C’est le dernier des Mohicans, blanc, homme, de plus de 50 ans, hétérosexuel.

Cette série décrit la disparition du mâle dans nos sociétés pacifiées. Ce mâle se perpétue mal à travers des fils qui se métissent et qui ne veulent plus endosser l’héritage familial (Kayce), qui participent à l’évolution mortifère qui le condamne (Jamie), ou qui disparaissent dans des affrontements stériles liés au passé (Lee). Au mieux, la transmission se fera par son beau fils, à cause de l’amour que ce dernier porte à sa fille. Mais il restera impuissant à transmettre en direct.

Figure forte, et attachante, John Dutton a du mal à s’adapter. Il veut préserver la terre de ses ancêtres avec des arguments qui se tiennent. Il n’y arrivera pas. Ou tout au moins, il y arrivera par la régression, en retrouvant un état de nature originel.

Ici, la perspective que nous offre Kévin Costner est toute aussi stérile que la féminisation citadine qu’il dénonce. Entre la régression maternelle et tribale, ou la féminisation urbaine, rien n’existe. Comme si les femmes étaient le centre du monde parce qu’elles donneraient la vie biologique, à l’image de n’importe quel animal !

Or le patriarche est l’avenir de l’humanité comme il l’est depuis que l’humanité existe. Cela, Kévin Costner ne le perçoit pas, ou plutôt, il ne voit pas comment un tel miracle pourrait advenir. Encore un manque de perspective sur l’évolution des civilisations, et un reproche latent envers les hommes. Tout comme nombre d’individus, il n’arrive pas à s’extraire de la fange de notre modernité décadente et à voir en quoi notre civilisation ne survivra pas à nos bêtises si nous ne voulons pas avancer. Comme dans son « waterworld », il n’envisage que la disparition pure et simple de la civilisation. Mais la civilisation s’est toujours régénérée par les hommes.

Son personnage est un homme du passé vaincu par l’histoire, un perdant qui n’a pas réussi à transformer sa brutalité en force, un anti-héros. Il est caractéristique que notre société ne sache plus produire de héros. Elle ne croit en rien et imagine pouvoir se passer de Jésus. Il ne lui reste que la nostalgie d’un passé à jamais disparu, mais qu’elle voudrait retrouver. Peut-être l’évolution n’est-elle qu’une inévitable chute ?

L’histoire d’Adam et de Eve est toujours d’actualité. Il nous reste à retrouver la virilité christique pour nous en sortir par le haut. Yellowstone est la chronique d’une fin de civilisation, qui peine à se réinventer en dehors d’une régression. Plus tard, peut-être dans longtemps, d’autres raconteront l’histoire d’un peuple d’hommes qui s’est levé et qui a vaincu. Il n’aura pas vaincu des ennemis, il se sera vaincu lui-même, en renonçant à la féminisation et à la brutalité qui l’accompagne.

En attendant, nous pouvons voir yellowstone avec toute l’admiration que nous devons éprouver envers le talent de ces artistes qui l’ont produit, et avec tout le recul d’hommes qui ont un autre édifice civilisationnel à construire. Entre la régression et la décadence, un homme n’a pas à choisir. Ce monde futur nous appartient. Yellowstone, c’est le passé. Nous devons nous relever les manches d’autant qu’il a été glorieux, avec ses brutalités et ses fragilités, mais glorieux, et qu’il nous offre la possibilité d’un avenir. 

Quand les juifs dirigeaient le Goulag .

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